[MONDIAL-2026] Face à une poule relevée, le Cap-Vert se fixe comme «grand objectif» pour sa première participation, de sortir du groupe. Cela suffirait au président de la fédération, Mario Semedo.
Quel est l’objectif et l’état d’esprit de l’équipe dans ce Mondial?
Mario Semedo : L’objectif, toujours, c’est d’aller le plus loin possible. Mais nous ne devons pas établir des objectifs de façon irréaliste. Nous voulons au moins passer la première phase, c’est le grand objectif. Notre slogan, c’est « nu bai »! En créole, ça veut dire on y va avec de l’énergie et de la force! J’ai dit aux joueurs que c’est un moment dont on doit profiter, sans avoir peur de rien. Allons-y avec le sens des réalités, mais avec un objectif ambitieux.
Votre premier match ce lundi est contre l’Espagne, un des favoris pour remporter le titre, comment abordez-vous cette rencontre?
Nous sommes par nature optimistes et il y a des Cap-Verdiens qui disent qu’on va gagner contre l’Espagne! Nous savons que c’est très difficile… et que l’Espagne est l’une des meilleures équipes du monde, mais au football rien n’est gagné avant le coup de sifflet final. Nous ne devons pas avoir un état d’esprit de défaite avant le match.
Vous totalisez 24 ans à la tête de la fédération, quelle est selon vous la recette de la réussite de cette équipe?
Nous avons une diaspora importante et des footballeurs qui résident à l’étranger et ajoutent de la valeur à la sélection nationale : entre ceux qui vivent à l’étranger et ceux qui sont ici, on a pu faire une grande sélection et la symbiose parfaite. Le footballeur cap-verdien a du talent et des qualités techniques très bonnes, et avec l’expérience de professionnalisation de quelques-uns, tout cela a amené de la qualité à notre sélection. Les programmes de la FIFA ont aussi été déterminants pour l’amélioration de notre football à travers des subventions, des programmes de développement et de financement des infrastructures sportives, cela a beaucoup changé le scénario du football cap-verdien. Le principal défi a été et continue d’être le financement du football. Les ressources ne sont pas abondantes et nous n’avons pas beaucoup de marge de manœuvre.
Quel impact cette qualification historique a pour la société cap-verdienne?
La majorité des Cap-Verdiens ne s’attendaient pas à ce qu’aujourd’hui on puisse être qualifiés pour le Mondial compte tenu du manque de moyens et de la grande compétitivité du continent africain… Notre participation va inciter beaucoup les gens à jouer au football. Vous savez, nous avons des problèmes sociaux au niveau de la jeunesse, la violence, la drogue, l’alcool, et je crois que quand on joue au football, les choses mauvaises disparaissent. Nous pouvons avoir une contribution sociale très importante pour la jeunesse.