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[Tour de France] Evenepoel : un rouleur ascendant grimpeur


Pour Remco Evenepoel, le plus grand défi reste à venir en fin de semaine avec la haute montagne. (Photo : afp)

Proclamé «légende du chrono» par Pogacar, Remco Evenepoel montre sur ce Tour de France qu’il peut également être à la hauteur des espoirs qu’il a toujours suscités en montagne.

Dans la voiture derrière son leader belge, le directeur sportif de la Red Bull-Bora Patxi Vila a pris un moment pour profiter : «C’était spectaculaire de le voir rouler, j’étais conscient à ce moment-là que c’était une chance d’être ici et de voir ce mec rouler à 10 mètres». Seul patron de la formation allemande après la chute du coleader Florian Lipowitz mardi, Evenepoel vit une période faste comme il n’en a jamais connu sur le Tour, sur son vélo de chrono comme dans les pentes les plus sévères proposées au peloton depuis le départ de Barcelone.

Troisième homme solide mais jamais capable de suivre le duo Pogacar-Vingegaard en 2024, contraint à l’abandon après avoir explosé en vol l’année dernière, le Belge paraissait sur un fil lors de certaines étapes en début de Tour, revenant au mental dans les Pyrénées ou le Cantal. Mais son succès dimanche au plateau de Solaison, où il a été le seul à résister au rouleau-compresseur UAE incarné par Pogacar et Isaac Del Toro, pourrait bien avoir débloqué quelque chose en lui, en même temps qu’il est venu consacrer un travail réalisé au cœur du printemps.

«C’est à mettre à son crédit parce que c’est lui qui a travaillé, et c’est le côté mental qui fait la différence», juge Patxi Vila, avant d’ajouter que son staff à chercher à «voir ce qu'(il pouvait) améliorer sans perdre la force qu’il a, c’est toujours un équilibre qu’il faut trouver».

«Ce que j’ai montré aujourd’hui explique pourquoi j’ai renoncé à la compétition pendant plus de deux mois, j’avais décidé de faire beaucoup de longues séances d’entraînement en montagne pour perdre du poids, parce qu’avec la forme et la composition corporelle que j’ai, c’est la seule façon pour moi de réussir des performances comme celle-ci», décryptait le double champion olympique de Paris après sa victoire dimanche. «C’était une bonne surprise, et j’espère qu’il va encore plus me surprendre cette semaine», sourit son coéquipier Maxim Van Gils.

Pression belge

«On oublie un peu qu’il y a deux ans, j’ai fait mon premier tour avec Remco et il termine troisième», lance Louis Vervaeke, son ancien coéquipier chez Soudal Quick-Step jusqu’à fin 2025. «On dit toujours que Remco n’est pas un mec de classement général, mais il a gagné la Vuelta (en 2022), il a eu le maillot rose dans le Giro, il est tombé malade mais c’était proche aussi… C’est peut-être moins sa nature, mais je crois qu’il a ça en lui et il a montré sur le plateau de Solaison qu’il peut être l’un des meilleurs», poursuit le Belge, grand ami du triple champion du monde du chrono.

Porté en triomphe dès qu’il se montre performant par un public belge bouillant, critiqué dès qu’il ne répond pas aux attentes, Evenepoel est armé, à 26 ans, pour réaliser son meilleur résultat sur la Grande Boucle. Et ce alors que le dernier vainqueur belge à Paris, Lucien Van Impe, en 1976, avait remis en cause la volonté d’Evenepoel de viser le général dans les grands Tours.

«Je pense qu’on peut être fiers en Belgique d’un coureur comme ça, le défend Vervaeke. Je ne pense pas que Van Impe ait battu Merckx non plus, il faut toujours mettre en perspective les paroles des gens, même si c’est un super grand champion, mais Remco a lui le malheur de rouler contre Tadej Pogacar.»

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