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[Athlétisme] À la découverte de Masai Russell


Masai Russell est persuadée qu'elle peut aller encore plus vite. (Photo : afp)

APRÈS LA DL DE ZURICH Six choses à savoir sur Masai Russell, l’Américaine qui s’est emparée jeudi à Zurich du record du monde du 100 m haies en 12″09, effaçant les 12″12 de la Nigériane Tobi Amusan.

Sa mère médecin comme modèle 
Masai Russell est née le 17 juin 2000 et a grandi à Upper Marlboro, à l’est de Washington dans le Maryland.Elle explique souvent que sa mère Sharon, une chirurgienne noire qui a fait carrière dans un milieu d’hommes, a été une immense source d’inspiration : «Elle m’a montré ce que voulaient dire l’éthique au travail et la détermination. C’est mon héroïne», affirmait ainsi Russell il y a quelques années.Russell débute l’athlétisme quand elle est en primaire. Ses résultats sont très vite prometteurs et la poussent à intégrer le prestigieux lycée privé Bullis School, réputé pour sa section athlétisme, situé à Potomac, de l’autre côté de la capitale américaine. «Pendant quatre ans, j’ai fait le trajet (environ 1 h 30 aller et 1 h 30 retour) tous les jours», souligne-t-elle.

D’abord sur 400 m haies

Au lycée, elle se spécialise petit à petit sur les haies, mais c’est d’abord sur les haies basses qu’elle brille : en 2018, elle obtient la médaille de bronze aux championnats des États-Unis pour les moins de vingt ans sur… 400 m haies, le tout alors qu’elle n’a même pas encore 18 ans (la course a lieu la veille de son anniversaire!).

Cette année-là, elle quitte Potomac et rejoint l’université du Kentucky où elle s’entraîne sous la houlette du Bahaméen Lonnie Greene. Là-bas, elle progresse dans les pas de grands noms du 100 m haies, ceux de la Portoricaine Jasmine Camacho-Quinn et de l’Américaine Kendra Harrison, respectivement championne et vice-championne olympique du 100 m haies en 2021.

Russell se spécialise ensuite sur les haies hautes aux côtés de la Bahaméenne Devynne Charlton, détentrice du record du monde du 60 m haies. Les deux femmes s’entraînent d’ailleurs toujours ensemble, avec le même coach, alors qu’elles sont depuis passées pro.

«Notre dynamique est géniale. Elle gagne les Mondiaux en salle, je gagne aux JO… Je ne prévois pas de partir de si tôt. On ne change pas une équipe qui gagne», a-t-elle assuré l’année dernière.

«Alter ego» sur la piste 

Sacrée championne olympique à Paris en 2024, Masai Russell répète régulièrement qu’elle réussit à se transformer sur la piste pour se mettre dans les dispositions mentales d’une gagnante.

«Quand je suis sur la piste, j’adopte une personnalité plus fière, je suis en feu. En sprint, je pense qu’il faut avoir une haute estime de soi-même. Je crée cette aura autour de moi, je me persuade que je suis forte et j’arrive fièrement au départ», avait-t-elle raconté en 2025.

«Cette personnalité, c’est mon alter ego. Hors de la piste, je ne suis pas comme ça du tout, j’ai une toute autre personnalité», ajoutait alors Russell, qui s’estime plutôt «déjantée» et «marrante» au quotidien.

Mi-athlète, mi-influenceuse

Très présente sur les réseaux sociaux depuis qu’elle est au lycée, Masai Russell compte près de 900 000 abonnés sur TikTok et près de 600 000 sur Instagram, ce qui la place parmi les athlètes les plus suivis d’un sport qui peine à faire reconnaître ses stars.

Quand elle était encore étudiante, elle a d’ailleurs été l’une des premières athlètes à profiter du changement de règlementation du circuit universitaire NCAA, qui a autorisé les athlètes à signer des partenariats avec des marques pour être rémunérés. Elle a ainsi multiplié les publicités avec des grandes marques.

Encore plus vite?

Sacrée championne olympique en 2024, Russell ne se repose pas sur ses lauriers depuis.

«Chaque saison, on remet le compteur à zéro et je savais qu’après les Jeux, il faudrait tout recréer», avait-elle dit en août 2025, ne cachant déjà pas ses ambitions de record du monde.

«Je sais ce dont je suis capable et je pense que personne n’est prêt. Quand ça arrivera, je pense que les gens vont être choqués. Je pense que je suis capable de courir en moins de 12 secondes, je n’ai pas peur de le dire. Je veux battre le record du monde.»

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