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Les seniors dans un état de plus en plus fragile


Les dispositifs existant au Grand-Duché autorisent les personnes âgées à rester chez elles le plus longtemps possible. Mais passé le seuil de la dépendance, le placement en institution est le dernier recours.

La population au Luxembourg vieillit comme dans le reste de l’Europe. Si l’image heureuse des fringants jeunes retraités est une réalité, l’étape suivante est le très grand âge. C’est là qu’intervient Servior, lorsque la personne âgée nécessite une grande attention. L’établissement public divise ses hébergements entre résidences seniors, centres intégrés pour personnes âgées (CIPA) et maisons de soins. Les personnes y arrivent de plus en plus tard, dans un état de plus en plus fragile.

Avec un âge moyen de 85 ans, les pensionnaires de Servior ont en général dépassé l’âge de l’indépendance. « Depuis l’introduction de l’assurance dépendance et des soins à domicile qui sont très largement répandus au Grand-Duché, le placement en institution se fait en dernier recours, quand la personne devient trop dépendante pour sa famille », explique Robert Wildanger, chef de division « soins et encadrement » à l’établissement public Servior, le plus grand gestionnaire de structures d’hébergement pour personnes âgées au Luxembourg, comme on peut le lire sur son site internet.

Le Grand-Duché se rattache en cette matière aux pays du nord de l’Europe, plus enclins à confier leurs anciens à une institution. Ce qui est peut-être moins le cas dans d’autres pays, ce qui explique les chiffres par nationalité des pensionnaires dans les structures gérées par Servior : 93 % sont luxembourgeois, une majorité écrasante. « Parmi les étrangers, nous avons une majorité d’Italiens, qui étaient après tout les premiers immigrés au Luxembourg, poursuit Robert Wildanger. Ce qui est par contre surprenant, c’est que nous n’avons quasiment pas de Portugais. Ceci s’explique sans doute par une solidarité familiale plus ancrée. »

Cette écrasante majorité de personnes très âgées luxembourgeoises pose problème, notamment en matière de personnel. Car on a ici affaire à des personnes nées avant la dernière guerre qui, pour beaucoup, n’ont pas appris le français. Celles qui peuvent encore s’exprimer clairement ne le font qu’en luxembourgeois. Beaucoup sont désorientées ou atteintes de démence plus ou moins avancée, et là les choses se compliquent. Même en parlant la même langue, il est difficile de communiquer avec ces personnes. « Il est bien difficile de trouver du personnel qualifié qui parle luxembourgeois, constate Robert Wildanger. Nous essayons dans chaque équipe d’avoir au moins une personne qui maîtrise la langue, car il s’agit ici d’aller au-delà du « moien » et du « äddi ». Il faut savoir repérer la souffrance, les demandes de nos pensionnaires. »

Retrouvez l’intégralité de ce dossier de notre journaliste Audrey Somnard dans le Quotidien papier de ce mardi. 

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