Un mésusage des deniers publics vaut des sanctions financières et disciplinaires aux deux députés du Parti pirate.
Marc Goergen affichait un sourire ironique au moment de la prise de parole du président de la Chambre, Claude Wiseler. Mardi, en ouverture de la première séance plénière après la pause estivale, le chef du Parlement a communiqué les sanctions contre le député pirate et son collègue Sven Clement, absent.
Les faits remontent au mois de février et un rapport de la Cour des comptes. Les auditeurs de l’État sont venus à la conclusion qu’il y avait eu des irrégularités dans la gestion comptable du groupe parlementaire du Parti pirate lors de la législature 2018-2023.
La Cour avait notamment dénoncé l’absence de justificatifs pour un montant de près de 118 900 euros. Elle avait examiné un échantillon de transferts d’un montant total de 932 909 euros.
Les remboursements de frais avancés par les députés posaient également question. En outre, des voyages officiels auraient été payés sans qu’il y ait eu de «lien avec les activités parlementaires». Enfin, la Cour notait que le groupe avait accordé deux prêts au parti politique et à l’un de ses députés, en l’occurrence Marc Goergen, qui avait obtenu et remboursé 33 000 euros.
Une autre affaire en suspens
La conférence des présidents a finalement suivi les recommandations du comité consultatif à propos des sanctions contre la conduite des députés.
Sven Clement est privé d’un quart de son indemnité parlementaire pour la durée d’un mois. Il lui est aussi interdit de participer à une délégation officielle de la Chambre pour une durée d’un mois.
Marc Goergen écope d’un blâme et d’une privation d’un tiers de ses indemnités pour la durée de deux mois.
Une enquête judiciaire, à la suite d’une plainte déposée par la Chambre, est toujours en cours.
Il est à noter que ces sanctions ne sont pas en lien direct avec l’affaire MALT. Le Parti pirate se voit reprocher des irrégularités présumées dans l’utilisation de fonds européens destinés à un projet d’aide aux réfugiés. La Cour des comptes réclame un remboursement de 76 000 euros.