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[Européennes] Luxembourg : ceux qui s’envolent et ceux qui laissent des plumes


Autour du Premier ministre, les membres du DP raflent la mise de ces européennes. (photo Hervé Montaigu)

Avec deux sièges (+1) et 21,4% des voix, le DP sort premier parti de ce scrutin. Le CSV sauve deux de ses trois sièges mais s’écroule de 16,5 points (!). Déi Gréng défendent leur siège (+3,9 points), le LSAP s’accroche aussi.

La situation de départ était inédite. Sur les six eurodéputés élus en 2014, seul Charles Goerens (DP) s’est représenté. Il était aussi un des derniers poids lourds de la politique luxembourgeoise à figurer sur les dix listes européennes qui ont été établies pour ces élections.

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Le DP rafle la mise

En fin de compte, la stratégie du parti du Premier ministre, Xavier Bettel, s’est avérée payante : avec 21,44 % des suffrages (+6,67 points), les libéraux ont réussi à décrocher un deuxième siège au Parlement européen. Charles Goerens termine avec 97 445 voix en tête de tous les candidats et sera désormais soutenu dans l’hémicycle strasbourgeois par Monica Semedo. L’ex-présentatrice de RTL Télé Lëtzebuerg termine en quatrième position sur le plan national avec 50 890 voix.

Débâcle pour le CSV

Au Melusina, QG choisi par le DP, la fête était donc au rendez-vous dimanche soir. Au CSV, réuni à Hesperange, l’ambiance était tout autre. Le parti, qui avait déjà échoué en octobre dernier à revenir au gouvernement, a connu une véritable débâcle lors de ce scrutin européen. La jeune et inédite liste a uniquement convaincu 21,1 % des électeurs. Lors des législatives, les chrétiens-sociaux avaient encore obtenu 28,31 % des voix pour terminer premier parti, mais avaient déjà perdu plus de 5 points.

Ce scrutin européen s’est soldé par la perte de 16,5 points, probablement une chute inédite dans l’histoire électorale du Luxembourg. Le système des élections européennes, avec uniquement six élus, fait toutefois que le CSV garde deux de ses trois sièges, décrochés il y a cinq ans. Christophe Hansen, siégeant depuis septembre au Parlement européen comme remplaçant de Viviane Reding, gardera son mandat en tant que deuxième élu sur le plan national (62 622 voix). C’est Isabel Wiseler-Lima, épouse de l’ancienne tête de liste Claude Wiseler, qui va l’accompagner à Strasbourg. L’échevine de Luxembourg arrive à la cinquième place sur le plan national (49 496 voix).

Déi Gréng se renforcent

Un autre gagnant des européennes est déi gréng. Malgré ses près de 19 % (+3,9 points), le principal vainqueur des dernières législatives doit se contenter de son seul siège. Décroché en 2014 par Claude Turmes, qui est entré il y a un an au gouvernement, le mandat reste entre les mains de Tilly Metz, qui siège depuis juin 2018 à Strasbourg. Elle termine même en troisième position sur le plan national (55 359 voix). Déi Gréng terminent aussi à la troisième marche du podium de ce scrutin, derrière le DP et le CSV.

Le LSAP se sauve

Troisième membre de la coalition gouvernementale, le LSAP a réussi à stopper l’hémorragie. Tout au long de la soirée électorale, le camp socialiste a dû craindre la perte de son seul siège au Parlement européen. Finalement, Nicolas Schmit (10e élu sur le plan national, 39 000 voix) et les siens sauvent, comme déjà en 2014, leur mandat de justesse. Le léger gain de 0,4 point ne change rien à la quatrième place du LSAP sur le plan national.

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L’ADR reste à quai

Les résultats des autres partis représentés à la Chambre des députés diffèrent. L’ADR s’est une nouvelle fois renforcé et décroche 10 % des voix (+2,5 points). Malgré ce regain de confiance, le parti réformateur reste à quai. Gast Gibéryen restera donc encore en poste au Marché-aux-herbes, avant de céder d’ici les législatives de 2013 son siège de député à Fred Keup.

Pirates heureux, déi Lénk déçue

Le phénomène Parti pirate s’est aussi fait remarquer lors de ces européennes, même si en fin de compte aucun siège n’est décroché. Avec 7,7 % des voix, il améliore toutefois son score de 2014 (+3,5 points). Reste à savoir si ce résultat va permettre de faire revenir la sérénité dans un parti fortement secoué ces derniers jours.

La déception est certainement grande chez déi Lénk, qui n’a pas bougé par rapport à 2014. Le parti de David Wagner avait déjà échoué à décrocher un troisième mandat de député en octobre dernier. Pour ces européennes, le défi de décrocher un siège au Parlement européen est aussi raté. Avec un score de 4,83 %, déi Lénk perd même 0,93 point.

Chez les «petits», la liste paneuropéenne Volt signe un joli score de 2,11 % pour sa toute première participation à une élection. Le KPL et déi Konservativ stagnent.

David Marques

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