Des toucans morts avaient été découverts dans un camion sur l’A31, en 2025. Ils avaient alors été remis au zoo d’Amnéville pour une expertise plus poussée. Aujourd’hui, leurs dépouilles ont été publiquement présentées et seront montrées aux scolaires à des fins pédagogiques.
Une saisie «extraordinaire». C’est par ces mots que la direction régionale des douanes a qualifié la saisie opérée en mai 2025 sur l’A31, à hauteur de Mondelange. Ce jour-là, les agents arrêtent un camion immatriculé en Espagne et se dirigeant vers les Pays-Bas.
Au milieu des colis, ils découvrent un carton dont le contenu est tout à fait inhabituel. Il contient dix dépouilles de toucans évidées, dont quatre naturalisées (empaillées). Une espèce d’oiseau originaire d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud doublement protégée par la Convention de Washington et par l’arrêté du 25 mars 2015 relatif à la protection des oiseaux de Guyane.
Tués par balle
«Nous nous sommes rapidement tournés vers le zoo d’Amnéville pour une expertise approfondie», relaie Guillaume Doriath, adjoint au directeur régional des douanes. Des analyses qui confirmeront le caractère insolite de cette découverte. Elles révèlent les causes de la mort des oiseaux, tous tués par balle. «On ignore leur origine, mais ils n’étaient pas bagués», précise Thomas Grangeat, directeur zoologique adjoint du parc. Ce qui signifie qu’ils ont été prélevés dans la nature, probablement dans leur milieu naturel.
Passé le délai de l’instruction judiciaire, les dépouilles ont été présentées ce jeudi 20 août. Elles seront conservées par le zoo et exhibées à des fins pédagogiques, notamment auprès des 30 000 scolaires qui participent chaque année à des ateliers. Les six toucans non naturalisés ne seront toutefois pas présentés dans leur entièreté, seuls le crâne et le bec seront conservés. «Leur peau est désormais trop rigide pour qu’ils puissent être naturalisés eux aussi», explique le zoo.
Une hausse des saisies d’animaux
Si ce n’est pas la première fois que le zoo d’Amnéville récupère des animaux, ou des organes d’animaux morts (peau de serpent, défenses d’éléphants…), cela reste plutôt rare puisque le parc est habituellement sollicité pour des espèces vivantes. L’Association française des parcs zoologiques, qui fédère une centaine de parcs dont celui d’Amnéville, accueille ainsi près de 2 000 animaux chaque année, remis par des particuliers, la DDPP (direction départementale de la protection des populations), ou l’Office français de la biodiversité (OFB).
Les douanes confirment de leur côté le nombre exponentiel de saisies d’animaux protégés : +20 % en 2025 sur un an, soit 200 animaux vivants et 575 constatations sur le territoire français. En majorité des oiseaux, des tortues et des serpents. Des espèces qui s’échangent sur le marché noir, et qui sont aussi très prisées des collectionneurs.