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Assassinat à Esch-sur-Alzette : l’heure du procès


Jusqu'à l'arrestation de l'auteur des tirs, le boulevard J.-F.-Kennedy à Esch-sur-Alzette avait vécu en état de siège le 7 janvier 2015. (Photo : Archives LQ)

Au moins six fois, Jamek M. avait tiré sur son ex-femme le 7 janvier 2015. Depuis mercredi après-midi, il comparaît pour assassinat.

C’est dans une arrière-cour de la rue du Fossé de la Métropole du fer que le quinquagénaire avait tué avec son pistolet 9 mm son ex-épouse avant de filer en voiture. Les forces de l’ordre l’avaient finalement arrêté boulevard J.-F.-Kennedy. Au premier jour de son procès mercredi après-midi, la 9e chambre criminelle a entendu les enquêteurs et une voisine de la victime qui a assisté à la scène depuis son appartement.

« J’étais assise dans mon salon au 1er étage quand j’ai entendu un tir. D’abord j’ai pensé à un pétard de la Saint-Sylvestre. Je me suis dirigée vers la fenêtre. En bas dans la cour où il y a les garages, j’ai vu un homme avec un revolver.Plusieurs fois, il a tiré sur la fenêtre du conducteur.» Selon la voisine entendue mercredi à la barre, l’auteur avait ensuite quitté tranquillement les lieux comme si de rien n’était.

La police avait été rapidement alertée. «Vers 16 h 50, on nous a signalé qu’une femme avait été tuée par plusieurs balles rue du Fossé à Esch-sur-Alzette et que l’auteur avait pris la fuite», rapporte l’enquêteur de la police judiciaire. C’est finalement boulevard J.-F.-Kennedy que le fugitif avait été stoppé dans sa VW Golf. L’auteur ayant menacé de se tuer lui-même en tenant l’arme contre sa tête, les unités spéciales de la police et les négociateurs avaient été appelés en renfort. À 19 h 10, après avoir été raisonné par son beau-frère par téléphone, le quinquagénaire avait laissé tomber de la voiture son chargeur où il restait huit cartouches, puis son arme. Depuis ce soir-là, Jamek M., âgé aujourd’hui de 58 ans, se trouve en détention préventive.

Le quinquagénaire avait encore été entendu le soir même par la police. Lors de son premier interrogatoire, il avait dit ne pas se souvenir d’avoir tiré sur son son ex-femme. À l’époque, le couple, qui avait plusieurs enfants, vivait séparé depuis près d’un an. Devant le juge d’instruction, il avait finalement dit avoir tiré sur elle. Il avait ajouté que ce n’était pas son intention, mais que c’était vraisemblablement les médicaments qui l’avaient rendu fou.

«Il se considère victime d’une grande injustice»

Retour sur le lieu du crime où les enquêteurs avaient retrouvé la femme morte au volant de sa voiture. Six douilles jonchaient le sol de la cour : cinq douilles et une cartouche se trouvaient tout près de la voiture, une autre douille était un peu plus loin dans l’entrée. «Les deux premiers tirs ont terminé à hauteur des épaules de la victime. On est certain que la victime était encore en vie. Les autres ont fini dans la tête, récapitule l’agent de la police technique. Ce sont ces derniers tirs qui l’ont tuée.»

Selon l’experte psychiatre, le prévenu ne souffre d’aucune altération du discernement. Il serait accessible à une sanction pénale. La spécialiste constate toutefois des traits de caractère pathologiques chez le prévenu. «Il se considère victime d’une grande injustice», illustre-t-elle. De l’enquête, il ressort que le quinquagénaire n’avait pas apprécié la procédure de divorce. Il avait expliqué se sentir humilié et avait fait quelques allusions au fait que son ex-femme aurait eu un nouvel amant. Dans toute une série de lettres, il l’avait menacée. Ainsi lui avait-il écrit son intention de la couper en morceaux, rapporte l’enquêteur.

Selon les enquêteurs, le quinquagénaire avait rangé le pistolet près du frein à main de sa VW Golf, plus précisément dans la console centrale qu’il avait spécialement aménagée afin de le cacher. Dans la voiture, les enquêteurs avaient aussi retrouvé un couteau pliant, un couteau de cuisine et des menottes. Le procès se poursuit ce jeudi après-midi. Près d’une dizaine de témoins doivent encore être entendus.

Fabienne Armborst

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