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États-Unis : acquitté, Donald Trump se déchaîne


Donald Trump brandissant un exemplaire du quotidien USA Today, où il apparaît en une avec le mot "ACQUITTÉ". (Photo AFP)

Au lendemain de son acquittement par le Sénat à l’issue d’un procès en destitution acrimonieux, Donald Trump s’est déchaîné jeudi contre ses opposants politiques, accusés d’être « malhonnêtes » et « corrompus ».

Le président américain n’a pas attendu son allocution prévue en milieu de journée dans les salons de la Maison Blanche pour donner le ton: il a profité du traditionnel petit-déjeuner annuel de prière en présence d’élus de deux bords pour sonner la charge. Brandissant une copie du quotidien USA Today dont la une se résumait à un mot « ACQUITTÉ », il s’en est pris avec une extrême virulence aux élus du camp adverse: « Ils ont fait l’impossible pour nous détruire et, ce faisant, attaquer notre pays ». Les démocrates « savent que ce qu’ils font est mal mais ils mettent leurs intérêts avant celui de notre grand pays », a-t-il ajouté avant de louer « la sagesse, la rigueur morale et la force » des sénateurs républicains qui ont fait bloc derrière lui.

Lors d’un vote solennel mercredi suivi en direct à la télévision par des dizaines de millions d’Américains, le Sénat a estimé, par 52 voix sur 100, que Donald Trump ne s’était pas rendu coupable d’abus de pouvoir, ni, avec 53 voix, d’entrave à la bonne marche du Congrès. La majorité des deux tiers fixée par la Constitution n’ayant pas été atteinte, « Donald John Trump est de ce fait acquitté », a conclu le chef de la Cour suprême des États-Unis, John Roberts, avant de donner le coup de marteau signifiant la fin de ce procès exceptionnel. Les démocrates reprochent au 45e président des États-Unis d’avoir utilisé les moyens de l’État, notamment une aide militaire validée par le Congrès, pour tenter de forcer l’Ukraine à « salir » son possible adversaire à la présidentielle Joe Biden.

Un vote républicain en faveur de sa destitution

Mercredi matin, le milliardaire républicain a pris pour cible l’élu républicain Mitt Romney, seul membre du Grand Old Party à avoir voté en faveur de sa destitution. « Je n’aime pas les gens qui utilisent leur foi pour justifier leurs mauvaises actions », a-t-il tonné, dans une référence apparente au discours de l’élu républicain qui a expliqué avoir agi en fonction de sa « conscience » et de sa « foi » mormone qui l’obligent à respecter son serment d’impartialité. Jugeant le président coupable d’un « horrible abus de confiance », le sénateur de l’Utah avait anticipé une déferlement d’attaques de la part de ce dernier et de ses proches, se disant prêt à y faire face. « Je n’aime pas non plus les gens qui disent ‘Je prie pour vous’ quand vous savez que cela n’est pas le cas », a ajouté Donald Trump dans une attaque envers Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, qui avait utilisé cette expression devant la presse il y a quelques semaines.

Le locataire de la Maison Blanche est à couteau tiré avec cette dernière. Avant le début de son discours sur l’état de l’Union, mardi soir devant le Congrès, il a ostensiblement évité de serrer la main que lui tendait la chef démocrate. Et celle-ci, une fois l’allocution finie, a déchiré dans un geste spectaculaire sa copie du discours. Au-delà de Washington, le procès divise autant les Américains que leurs élus: 85% des électeurs démocrates soutenaient ces derniers jours la destitution du président, moins de 10% des républicains étaient pour, et la moyenne s’établissait légèrement au-dessous de 50%. Son impact sur les élections est donc difficile à prédire, mais Donald Trump se dit convaincu que les électeurs pénaliseront les « démocrates-qui-ne-font-rien ». Ils ont commis une « erreur politique colossale » en tentant de le destituer, a estimé le chef de la majorité républicaine du Sénat Mitch McConnell, l’un des plus solides défenseurs du président. Pete Buttigieg, en tête des résultats partiels du premier vote des primaires démocrates dans l’Iowa, n’en est pas si sûr. « Le peuple américain aura le dernier mot sur Donald Trump et le trumpisme », a-t-il tweeté.

AFP/LQ

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