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Turquie : un festival de cinéma gay, avec des films allemands, interdit à Ankara


Les autorités turques ont estimé que le contenu des films "pourrait inciter à la haine et à l'hostilité envers un (...) segment de la société". (illustration AP)

Les autorités turques ont interdit un festival de cinéma LGBTI lors duquel des films allemands devaient être projetés à partir de jeudi à Ankara, estimant que cette manifestation était susceptible d’ « inciter à la haine ».

Les organisateurs du festival Pink Life Queerfest, le premier festival de cinéma gay de Turquie, avaient prévu de diffuser quatre films allemands sur deux jours dans la capitale turque, un événement sponsorisé par l’ambassade d’Allemagne.

Le gouvernorat d’Ankara a toutefois estimé que le contenu des films « pourrait inciter à la haine et à l’hostilité envers un (…) segment de la société », dans un communiqué publié mercredi. Estimant en outre que « cette projection cinématographique (…) pourrait être provocatrice et, qu’en raison de sensibilités sociales, certains pans de la société pourraient réagir », le gouvernorat de la capitale a annoncé son interdiction.

Dans le même communiqué, les autorités turques évoquent par ailleurs la situation sécuritaire du pays qui a été frappé ces dernières années par plusieurs attentats perpétrés notamment par Daech.

« Quota gay »

Les organisateurs du Pink Life QueerFest ont dénoncé l’interdiction du festival qui, ont-ils estimé, les « prive de leurs droits constitutionnels ». « Au lieu d’interdire ce type d’événements, le gouvernorat devrait faire en sorte qu’ils puissent se tenir en toute sécurité », ont-ils ajouté.

L’interdiction de ce festival survient alors que les relations entre la Turquie et l’Allemagne se sont fortement tendues au cours des derniers mois. Berlin a notamment dénoncé avec force l’arrestation de plusieurs de ses ressortissants dans le cadre des purges tous azimuts lancées par Ankara dans la foulée de la tentative de coup d’État le 15 juillet 2016.

En outre, les membres de la communauté LGBTI (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre et intersexe) s’inquiètent de l’érosion de leur liberté d’expression sous le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan. Si l’homosexualité n’est pas réprimée sur le plan pénal en Turquie, l’homophobie y est répandue. La semaine dernière, Erdogan s’était indigné de l’existence d’un « quota gay » pour des élections de comités de quartier dans une ville de l’ouest de la Turquie.

Le Quotidien/AFP

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