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Macédoine : 14 clandestins meurent écrasés par un train


Des immigrants marchent sur les voies ferrées au poste frontière d'Idomeni, entre la Macédoine et la Grèce, le 28 novembre 2014 (Photo : AFP)

Quatorze clandestins somaliens et afghans ont péri écrasés par un train jeudi soir dans le centre de la Macédoine, un accident qui illustre les dangers qu’assument les immigrants dans leur tentative de parvenir dans l’Union européenne.

L’accident s’est produit tard dans la soirée à hauteur de la ville de Veles, à 50 km au sud de la capitale Skopje. Une cinquantaine de clandestins se reposaient sur une voie ferrée lors du passage à cet endroit d’un train international en provenance de Grèce, selon les premiers éléments de l’enquête.

«Le machiniste a tenté d’arrêter le train, il a activé la sirène, de nombreux migrants ont réussi à s’enfuir mais 14 ont été tués», selon le communiqué du Parquet macédonien, qui précise que les clandestins étaient originaires d’Afghanistan et de Somalie.

Ils remontaient cette voie ferrée en direction de la Serbie, au nord, dernière étape vers l’Union européenne.

L’accident s’est produit dans un étroit canyon difficile d’accès et les migrants n’avaient pas suffisamment d’espace autour de la voie ferrée pour fuir, a expliqué un responsable de la police lors d’une conférence de presse, précisant que les victimes étaient surtout des jeunes gens.

Dans cette zone, d’un côté de la voie ferrée il y a une paroi rocheuse et un ravin de l’autre. Ceux qui ont participé à l’évacuation des cadavres ont décrit une «scène d’horreur, avec des corps déchiquetés sur quelque 150 mètres», selon la même source.

Les cadavres des victimes ont été transportés à Veles et posés dans la chapelle d’un cimetière municipal, selon une porte-parole de la police, Anita Stojkovska. Huit migrants afghans et somaliens ont été arrêtés et placés en détention au commissariat de Veles, alors que les autres ont réussi à s’enfuir, selon la même source.

La «route des Balkans»

Cet itinéraire est fréquemment le théâtre d’accidents similaires. Une douzaine de clandestins ont péri au cours des six derniers mois dans des accidents semblables en Macédoine.

La Macédoine, comme les autres pays de la région, se trouve sur «la route des Balkans» utilisée par des groupes criminels se livrant au trafic d’êtres humains, de drogue et d’armes vers les pays de l’UE.

En raison de la grave crise économique qui frappe la Grèce, les migrants venus surtout d’Asie centrale et du Moyen-Orient décident de quitter ce pays membre de l’Union européenne en passant par la Serbie, qui n’est pas membre de l’UE mais offre un accès terrestre vers trois pays du bloc européen: la Roumanie, la Hongrie et la Croatie.

Selon le dernier rapport de l’agence européenne pour la sécurité des frontières de l’UE (Frontex), les passeurs macédoniens demandent entre 120 et 200 euros pour amener les migrants jusqu’à la frontière serbe. D’autres réseaux ont éclos sur la frontière entre la Grèce et l’Albanie et organisent des passages en bateau vers l’Italie.

La route par les Balkans est toutefois moins onéreuse que la traversée, 1.800 euros maximum contre jusqu’à 3.000, toujours selon Frontex. A la frontière entre la Serbie et la Hongrie, porte d’entrée de l’UE vers l’Autriche et l’Allemagne, le nombre de migrants a augmenté de 338% (une multiplication par quatre) entre 2012 et 2013, selon Frontex.

L’Union européenne a décidé jeudi de tripler le budget de son opération de patrouille en mer pour prévenir de nouveaux drames de l’immigration en Méditerranée, après le naufrage au large de la Libye d’un chalutier qui a fait plus de 700 morts dimanche. Malte est, avec l’Italie et la Grèce, en première ligne face à l’afflux d’immigrés qui tentent de gagner l’Europe en entamant une périlleuse traversée de la mer.

AFP

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