Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence mardi après le décès de trois Casques bleus indonésiens dans le sud du Liban, zone d’affrontements entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah.
La France a demandé la tenue de cette réunion, qui débutera à 10h (14h GMT), au moment où Israël a ordonné à son armée d’élargir la «zone de sécurité» au Liban où elle mène des frappes massives et une profonde incursion terrestre.
La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a dit enquêter après que deux soldats indonésiens ont été tués «par une explosion d’origine inconnue ayant détruit leur véhicule près de Bani Hayyan» à la frontière. Deux autres ont été blessés, selon son communiqué lundi.
La Finul, présente dans le sud du Liban depuis 1978, date de la première invasion israélienne, avait auparavant annoncé la mort d’un autre Casque bleu de même nationalité dimanche dans des circonstances similaires à la frontière avec Israël. L’armée israélienne assure aussi enquêter mardi sur ces incidents, appelant à «ne pas présumer» qu’elle était responsable. «Ces incidents font l’objet d’un examen approfondi afin d’en clarifier les circonstances et de déterminer s’ils résultent d’une activité du Hezbollah ou de l’armée israélienne», a déclaré l’armée sur Telegram.
Le Hezbollah a de son côté revendiqué dans des communiqués des attaques contre des positions israéliennes dans le sud du Liban et a affirmé avoir lancé des missiles contre une base des services de renseignement dans la banlieue de Tel-Aviv. L’armée israélienne a annoncé lundi qu’un soldat avait été tué et un autre grièvement blessé dans des combats dans cette zone, portant à six le nombre de ses soldats tués depuis le 2 mars.
«Atteinte» à la Finul
Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d’une part et l’Iran d’autre part par une attaque le 2 mars du Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans une frappe à Téhéran. Depuis cette date, les frappes israéliennes ont tué plus de 1 200 personnes, et en ont blessé plus de 3 600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.
Après la mort des soldats de la Finul, qui compte près de 8 200 soldats issus de 47 pays, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a dénoncé des «incidents gravissimes.» Il a également fait état de «graves incidents subis (dimanche) par le contingent français de la Finul dans la zone de Naqoura», sur la côte libanaise à proximité de la frontière avec Israël, parlant d’«intimidations de la part de soldats de l’armée israélienne.»
Le président libanais Joseph Aoun a condamné toute «atteinte» à la Finul, dont il a contacté le commandant, le général italien Diodato Abagnara et dit poursuivre ses «contacts internationaux (…) pour faire avancer le processus menant à des négociations avec Israël.» Mais Israël ne donne pas suite à ses appels, et son Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné dimanche à l’armée israélienne «d’étendre la zone de sécurité» dans le sud du Liban, où elle mène une profonde incursion terrestre.
L’armée libanaise, qui tente pour sa part de rester à l’écart de la guerre entre le Hezbollah et Israël, a fait état d’un soldat tué lundi près de Tyr (côte sud), dans la première «agression israélienne» contre un barrage militaire depuis que le Liban a été entrainé dans la guerre régionale le 2 mars. Lundi, une frappe ciblée a visé un immeuble bordant la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tuant trois membres du mouvement pro-iranien, a indiqué l’armée israélienne.
L’armée israélienne a adressé en début de soirée un avis d’évacuation aux habitants de plusieurs localités du sud et de l’est du Liban, y compris la Békaa-Ouest, généralement épargnée par les avis d’évacuation. Des médias d’Etat ont ensuite fait état de frappes aériennes dans ces zones.