La canicule inédite qui fait subir des températures de plus de 35 °C à 150 millions d’habitants du Vieux Continent entraîne l’annulation d’événements. Les hôpitaux sont submergés.
Des médecins en Grande-Bretagne et en France ont prévenu que les hôpitaux peinaient à faire face à la chaleur et à l’afflux d’appels d’urgence.
L’Allemagne a battu vendredi son record de température maximale avec 41,3 °C dans un quartier de la ville de Sarrebruck. «Et il est tout à fait possible que cette température soit à nouveau atteinte demain (samedi), voire légèrement dépassée», a indiqué Uwe Baumgarten, météorologue du DWD.
Depuis jeudi minuit, une alerte rouge à la chaleur extrême est en vigueur pour la première fois dans une grande partie des Pays-Bas où les autorités déconseillent de prendre la route et où la plupart des écoles ont fermé.
Le Royaume-Uni a, lui, battu son record de chaleur pour un mois de juin pour la troisième journée consécutive, avec 36,9 °C.
Les autorités ont fait état de centaines de morts en Espagne et d’autres dans le reste de l’Europe, notamment plusieurs enfants décédés dans des voitures surchauffées.
Ce sont maintenant plus de 50 millions d’habitants en Allemagne et plus de 30 millions en France métropolitaine qui vont être accablés par une chaleur à plus de 35 °C. Au total, les températures maximales devraient dépasser 30 °C pour plus de 420 millions d’habitants en Europe (hors Turquie), soit environ sept sur dix.
Une canicule impossible il y a 50 ans
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a jugé «possible» vendredi que cette vague de chaleur soit un phénomène record, même s’il est encore prématuré de l’affirmer.
Le groupe de scientifiques du World Weather Attribution (WWA) rappelle que le changement climatique d’origine anthropique est responsable «sans équivoque» de l’intensité de cette canicule, qui aurait été pratiquement impossible il y a 50 ans.
Dans les pays déjà affectés par des records de chaleur depuis plusieurs jours, à l’instar de la France ou de la Grande-Bretagne, les hôpitaux commencent à être saturés, les cellules de crise sont activées et les décès comptabilisés : des personnes âgées, des malades chroniques, des enfants, des adolescents, des personnes à la rue. La chaleur tue, par noyade, hyperthermie, crise cardiaque.
En Italie, 18 villes, parmi lesquelles Rome et Milan, sont en alerte rouge et la canicule n’affecte pas que les humains. Dans le delta du Pô, au nord-est, les lagunes sont en surchauffe.
L’extension de la vague de chaleur à l’Est se traduit par une alerte rouge en République tchèque pour samedi et dimanche et le record de 40,4 °C à Prague en 2012 devrait être battu.
La Hongrie voisine se prépare à faire face au niveau d’alerte maximal samedi, avec 38 à 40°C attendus. Le ministère de l’Énergie a préconisé de réduire l’utilisation des appareils ménagers électriques pendant la canicule prévue pour durer jusqu’à jeudi, pour éviter les ruptures d’alimentation sur un réseau déjà très sollicité.
Les Balkans se préparent aussi à la canicule à partir de samedi, l’intégralité de la côte adriatique croate étant déjà en alerte rouge vendredi.