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Les lycéens de nouveau dans la rue mardi pour un acte V du mouvement


L'Union syndicale des lycéens exige toujours la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées. (Photo : afp)

Alors que le gouvernement espère un reflux de la mobilisation, lycéens et étudiants poursuivent les blocages et préparent une nouvelle journée de manifestations pour réclamer davantage de moyens et dénoncer Parcoursup.

Estimant n’avoir reçu «que des miettes», des lycéens et étudiants ont repris des blocages mardi matin, avant une nouvelle journée nationale de manifestations, alors que le gouvernement espère, lui, une décélération du mouvement.

A Paris, où plusieurs lycées et universités ont été bloqués dès avant l’aube, la manifestation étudiante et lycéenne doit s’élancer à 14H00 de la place d’Italie pour rallier les Invalides, non loin de Matignon et du ministère de l’Education. Dans le Rhône, sept établissements étaient perturbés, mais aussi plusieurs universités et grandes écoles, selon la préfecture.

«Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher», a annoncé l’Union étudiante sur X, alors que des organisations lycéennes et étudiantes demandent depuis plusieurs jours à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Dans la capitale, un appel à une autre manifestation, de l’Hôtel de ville vers Matignon, non déclarée, circule sur les réseaux. Quelque 200 lycées devraient être fermés ce mardi, selon le ministre de l’Education Edouard Geffray qui a évoqué sur France Inter une «décrue par rapport aux semaines précédentes».

A l’appel de cet acte V, l’Union syndicale des lycéens exige toujours la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées.

«Roulements» 

A Rennes, la mobilisation a débuté avant l’aube devant le lycée Jean-Macé, sous le regard du personnel administratif de l’établissement. Lily, élève de terminale, a fait près d’une heure de transport pour en être: «On essaye d’organiser des roulements pour les blocus car c’est compliqué de se lever vers 05H00 tous les jours», dit-elle, craignant que la mobilisation ne «s’essouffle».

Mais «le 17 octobre va raviver le mouvement», veut croire Albane, autre élève de terminale, interrogée par l’AFP. Les manifestants espèrent en effet faire la jonction avec la mobilisation «contre la vie chère», prévue samedi au premier jour des vacances de la Toussaint.

Et «la majorité des gens sont prêts à recommencer après les vacances» de la Toussaint, assure Simon, 16 ans, en première au lycée Saint-Charles de Marseille, bloqué depuis 06H45.

«Le but, c’est quand même un peu qu’on se repose» car «ça fait quand même trois semaines qu’on bloque» et «un jour de manif, t’es autant fatigué qu’une journée 08H00-18H00», témoigne Gabin, 16 ans, en première dans ce même lycée.

De son côté, le gouvernement dit constater une décélération du mouvement. Lundi, 96,5% des établissements étaient ouverts avec 130 établissements fermés, contre 172 vendredi, selon le ministère de l’Education, qui n’a toutefois pas communiqué sur le nombre d’établissements dont l’activité est perturbée par des blocages.

«On a conscience que le gouvernement attend les vacances, mais on ne lâchera pas tant qu’on n’a pas d’annonces», assène Enki Falqui, 16 ans, en terminale au lycée Joffre de Montpellier, bloqué mardi.

«Dans le calme» 

Mais si le «mouvement recule nettement», les «violences s’intensifient», a estimé le ministère, avec encore «au moins huit personnels» de l’Éducation nationale blessés lundi. A Vitrolles (Bouches-du-Rhône), durant la nuit de lundi à mardi, des jeunes gens ont également tenté d’incendier un garage attenant à un lycée et un mineur de 12 ans a été interpellé, selon la police.

La mobilisation doit se faire «dans le calme, dans l’ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens», a demandé lundi le président Emmanuel Macron, dont la parole est rare depuis le début du mouvement lycéen.

Le déploiement policier constaté à Bayonne par une journaliste de l’AFP ce mardi matin semblait témoigner de cette volonté de maintien de l’ordre. Devant le lycée polyvalent Louis-de-Foix, une dizaine de fourgons de CRS bouclaient le quartier avant 08H00.

Lucia, 16 ans, et Stella, 15 ans, jugent ces moyens «disproportionnés» et ce déploiement de force «intimidant». «On va essayer de faire une manifestation, mais on n’est pas sûr d’y arriver», ajoute Lucia.

Démarré mi-septembre en région parisienne, le mouvement de grogne des lycéens s’est étendu partout en France pour demander plus de moyens et protester contre la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés, les bâtiments délabrés ou des emplois du temps trop chargés.

Après avoir privilégié une réponse de maintien de l’ordre face à la multiplication de scènes de violence et d’affrontements, le gouvernement a graduellement commencé à présenter des réponses plus politiques, sans convaincre.

Édouard Geffray a promis que 3.000 professeurs remplaçants allaient être déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique. Sébastien Lecornu a aussi indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 reprenant «certaines propositions formulées» sur la plateforme de concertation lancée à l’adresse des lycéens.

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