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Prix des aliments : El Niño va faire des dégâts


La Banque mondiale s'attend à voir les prix alimentaires grimper de 18 % d'ici l'an prochain. (Photo : archives editpress)

Le phénomène climatique risque de compromettre de nombreuses récoltes, ce qui va mettre dans le rouge les marchés mondiaux. Les prix n’ont pas fini de grimper.

Pluies torrentielles en Inde et au Népal, sécheresse déjà dévastatrice en Amérique du Sud : les effets d’El Niño continuent à se faire sentir à travers le monde, menaçant les récoltes de riz ou de café au point que la Banque mondiale s’attend à voir les prix alimentaires grimper de 18% d’ici l’an prochain.

El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit tous les deux à sept ans dans le Pacifique équatorial. Un réchauffement des eaux de surface dans cette zone modifie toute la météo et les vents au-dessus du Pacifique, ce qui, par un effet domino, affecte les précipitations et les températures du globe, accentuant sécheresses, inondations et autres événements météorologiques extrêmes, avec des conséquences déjà visibles sur les populations. Le cyclone Arnab, accompagné de vents violents et de pluies torrentielles, a touché mercredi matin le sud-est de l’Inde et balaie les côtes, faisant trois morts et provoquant près de 100 000 évacuations.

En Bolivie, la sécheresse touche un peu plus de 78 000 familles dans six des neuf départements. Elle a également provoqué la perte de plus de 75 000 têtes de bétail, selon le dernier rapport en date du ministère de la Défense civile, publié cette semaine. Dans des pays voisins comme le Pérou, El Niño a fait grimper les températures et provoqué des incendies de forêt, qui ont déjà coûté la vie à au moins 12 personnes. Il a également propagé la dengue, maladie tropicale qui a causé 81 autres décès en 2026. Au Chili, il est à l’origine du mois d’octobre le plus pluvieux jamais enregistré à Santiago.

Aliments de base menacés

Le prix des denrées alimentaires devrait progresser de 18% entre 2025 et 2027, selon la Banque mondiale (BM), qui explique cette hausse tant par les difficultés d’approvisionnement du fait des conflits que par les effets attendus d’El Niño. Ainsi, El Niño affecte particulièrement le riz dans les régions où il réduit les pluies, notamment en Asie où il peut limiter semis et rendements. Le maïs et les haricots, essentiels  au Mexique, en Amérique centrale et dans le sud de l’Afrique, sont aussi soumis au risque accru de sécheresse. Même le sorgho et le millet, très importants en Afrique de l’Est et pourtant plus résistants au manque d’eau, peuvent souffrir d’un déficit de pluies prolongé, note la FAO, qui ajoute que les rendements de blé peuvent aussi pâtir de précipitations déréglées.

Outre un impact sur la disponibilité et les prix localement, de telles situations peuvent entraîner un choc sur les prix mondiaux des grandes céréales – blé, riz, maïs… – et faire flamber la facture de pays dépendants des importations.

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