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Le suspect du gala de la presse de Washington visait des responsables de l’administration Trump


Donald Trump, qui attaque sans relâche la presse, assistait pour la première fois à l'évènement. (Photo : afp)

ÉTATS-UNIS Le tireur qui a tenté de faire irruption au gala de la presse à Washington en présence de Donald Trump semblait viser de hauts responsables de l’administration américaine, selon le ministre de la Justice.

Des informations «très préliminaires» font penser aux enquêteurs que l’homme «ciblait des membres de l’administration» Trump, a déclaré le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, à la chaîne CBS. Le tireur «ne coopère pas activement» mais les enquêteurs pensent qu’il s’est rendu à Washington en train depuis Los Angeles en passant par Chicago, a précisé Todd Blanche, qui était également présent à ce dîner.

Des agents du Secret Service américain ont évacué Donald Trump après les tirs de l’assaillant qui a été appréhendé avant de pouvoir entrer dans la salle où se déroulait le dîner annuel réunissant le gratin de la politique et des médias, qui avait commencé depuis peu. Sur une vidéo, on peut voir le président Trump assis à la table d’honneur, avec entre autres le vice-président, J. D. Vance, alors que retentissent des coups sourds qui ne suscitent dans un premier temps aucune réaction. Selon la police, le suspect portait deux armes à feu et de nombreux couteaux et des coups de feu ont été échangés. Un membre des forces de l’ordre s’est fait tirer dessus, mais a été protégé par son gilet pare-balles. L’assaillant n’a pas été blessé.

«Ce n’est pas la première fois ces dernières années que notre République est attaquée par un assassin en puissance qui cherchait à tuer», a réagi Donald Trump, encore en smoking, pendant une conférence de presse donnée à la Maison-Blanche environ deux heures après les tirs. Il a ensuite estimé, évoquant l’assassinat d’Abraham Lincoln en 1865, que l’assaillant pourrait l’avoir visé car il était mécontent de sa politique. Les présidents «qui ont le plus d’impact» sont «ceux qu’on vise», a-t-il dit.

Manifeste «antichrétien»

Le président américain a estimé que l’assaillant, dont l’identité n’a pas été officiellement révélée, était un «loup solitaire» et un «cinglé». Selon des médias américains, le suspect est un homme de 31 ans, Cole Tomas Allen, originaire de Torrance, en Californie. Sur son profil LinkedIn, il se présente comme un ingénieur et informaticien passionné par le développement de jeux vidéo. S’exprimant dimanche sur la chaîne Fox News, Donald Trump a indiqué que le suspect a écrit un manifeste «très antichrétien». «Lorsque vous lisez son manifeste, il déteste les chrétiens, ça ne fait aucun doute», a-t-il affirmé, parlant d’une personne «visiblement très dérangée».

Selon le New York Post, le suspect avait envoyé à sa famille quelques minutes avant de passer à l’acte ce manifeste, dans lequel il annonçait son intention de tuer des membres de l’administration Trump, qualifiés de «criminels». «Ce sont des cibles, classés par priorité du plus haut placé au moins haut», est-il écrit dans ce message. Ce texte, signé du nom «Cole « coldForce » « Friendly Federal Assassin » Allen», semble faire référence aux morts civiles dans les guerres où sont impliqués les États-Unis, à la politique anti-immigration de Donald Trump ou encore au scandale entourant le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

Les réactions de dirigeants mondiaux ont afflué, tous se disant «choqués» et apportant leur «soutien» et leur «solidarité» à Donald Trump. Parmi eux, le roi Charles III, Emmanuel Macron, Ursula von der Leyen, Giorgia Meloni, Lula ou encore Benjamin Netanyahu.

Deux chefs d’accusation

L’auteur présumé des tirs comparaîtra ce lundi devant la justice. Il sera inculpé de deux chefs d’accusation : le premier pour usage d’une arme à feu lors d’un crime violent, le second pour l’agression d’un agent fédéral à l’aide d’une arme dangereuse. Les images des caméras de sécurité diffusées par Donald Trump sur Truth Social montrent une personne qui se rue au travers du portique de détection de métaux situé à l’entrée de la salle où se tenait le gala, et plusieurs membres des forces de l’ordre dégainant leurs armes.

L’hôtel Hilton de Washington, où avait lieu le dîner avorté, n’est pas «un bâtiment particulièrement sûr», a critiqué le président américain. L’incident justifie la construction en cours d’une grande salle de bal à la Maison-Blanche, a déclaré dimanche Donald Trump sur Truth Social. C’est devant cet hôtel que le président Ronald Reagan avait été blessé par balle en 1981 lors d’une tentative d’assassinat.

Le Gala de la presse réunit chaque printemps des centaines de personnes. Donald Trump, qui attaque sans relâche la presse, y assistait pour la toute première fois en tant que président. Il a assuré que l’évènement serait reprogrammé.

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