Le ministère américain de la Justice a publié jeudi des documents du FBI décrivant des entretiens datant de 2019 comprenant des accusations non corroborées portées par une femme contre Donald Trump.
Au cours de ces entretiens, cette femme a affirmé avoir été victime d’agressions sexuelles par le magnat de l’immobilier et futur président dans les années 1980 alors qu’elle était mineure. Elle avait contacté les autorités après l’arrestation en juillet 2019 de Jeffrey Epstein et a ensuite été entendue à quatre reprises par le FBI, entre juillet et octobre de la même année.
Dans un communiqué publié jeudi soir sur les réseaux sociaux, le ministère de la Justice rappelle qu’il s’était engagé le 25 février à vérifier si des documents devant figurer dans sa base de données publique sur le dossier du criminel sexuel mort en prison en août 2019 étaient manquants, et y remédier le cas échéant.
La révélation récente par des médias américains du fait que des documents mentionnant le nom de Donald Trump ne figuraient pas dans les documents publiés avait suscité de nouvelles accusations de «dissimulation» de la part d’élus démocrates contre l’administration Trump. Le ministère justifie jeudi la publication de ces entretiens par le fait qu’ils auraient précédemment été considérés à tort comme faisant double emploi avec d’autres documents.
«Complètement infondées»
À chacun de ces entretiens, cette femme, dont l’identité est caviardée, a accusé Epstein d’agressions sexuelles.
Lors de son deuxième interrogatoire, elle a affirmé qu’Epstein l’avait emmenée à New York ou dans le New Jersey où il l’avait présentée à Donald Trump alors qu’elle avait entre 13 et 15 ans. Selon le rapport, elle a déclaré que Donald Trump avait abusé d’elle lors de ce voyage.
Au cours du quatrième et dernier entretien, en octobre 2019, cette femme a refusé de fournir des détails supplémentaires sur l’interaction présumée avec Donald Trump lorsqu’elle a été interrogée par les agents, selon le résumé rendu public de cet entretien.
Ses déclarations font apparaître que les faits reprochés à Donald Trump remonteraient au début ou au milieu des années 1980, une période durant laquelle il ne semblait pas encore être en contact avec Jeffrey Epstein.
La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a démenti vendredi «des accusations complètement infondées, ne reposant sur aucune preuve, de la part d’une femme perturbée qui a un abondant passé judiciaire». «Comme nous l’avons dit à de multiples reprises, le président Trump a été totalement innocenté par la publication du dossier Epstein», a-t-elle réaffirmé dans un communiqué.
Le ministère de la Justice a publié le 30 janvier plus de trois millions de pages en partie caviardées de ce dossier, affirmant que l’administration Trump s’était ainsi acquittée de son obligation, imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès, de faire toute la lumière sur ce dossier explosif.
Longtemps proche de Jeffrey Epstein quand les deux hommes évoluaient au sein de la jet-set à New York et en Floride dans les années 1990, Donald Trump assure avoir rompu avec lui bien avant qu’il ne soit inquiété par la justice et n’avoir pas eu connaissance de ses crimes sexuels.