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À Kiev, au moins 25 morts dans la pire attaque russe depuis 2022


Une femme âgée traverse les décombres d'un immeuble d'habitation entièrement détruit par les frappes aériennes russes contre la capitale ukrainienne. (Photo : afp)

La capitale ukrainienne a subi la pire attaque russe depuis le début de la guerre. Kiev promet de rendre coup pour coup, tandis que le Kremlin assure qu’il poursuivra ses frappes.

«La Russie frappe des cibles civiles uniquement pour contraindre l’Ukraine à renoncer à son État», a dit le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui s’est rendu sur les lieux des bombardements, assurant que l’Ukraine riposterait à ces bombardements.

Plus de quatre ans après le début de l’invasion du pays par l’armée russe, celle-ci lance régulièrement des frappes massives impliquant des centaines de drones et dizaines de missiles sur l’Ukraine et sur sa capitale. Kiev, avec des moyens bien moindres notamment en matière de missiles, a aussi fait monter en puissance ses attaques sur le territoire russe, portant un coup notamment au secteur pétrolier.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’Ukraine a été visée par 496 drones et 74 missiles de différents types, dont respectivement 476 et 48 ont été interceptés, selon l’armée de l’air ukrainienne.

La capitale, Kiev, a en particulier été ciblée. Des explosions étaient à entendre pendant plusieurs heures et l’alerte aérienne a duré plus de 11 heures d’affilée.  Selon les services de secours, 25 personnes ont été tuées lors de cette attaque et 85 blessés, dont deux enfants.

Des pans entiers de bâtiments résidentiels se sont effondrés, un bâtiment abritant des ambulances a été touché et, selon la porte-parole de l’UE Anitta Hipper, des débris sont tombés sur un bâtiment qui accueillait plusieurs diplomates.

L’un des principaux entrepôts de la Croix-Rouge ukrainienne renfermant des fournitures humanitaires a aussi été détruit. Ailleurs, c’est un stock de 800 000 livres d’une maison d’édition qui a été perdu.

Il s’agit de l’attaque «la plus massive» sur la capitale depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, a affirmé le maire Vitali Klitschko, qui a déclaré ce vendredi «jour de deuil».

Le métro, un refuge pour 52 000 personnes

«La Russie va continuer à augmenter la pression sur le régime de Kiev afin d’obtenir la réalisation des objectifs qu’elle s’est fixés», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Volodymyr Zelensky a, de son côté, exhorté ses alliés à livrer davantage de moyens de défense antiaérienne à son pays. Il a dit espérer que le sujet soit abordé lors du sommet de l’OTAN prévu dans quelques jours à Ankara.

Le président américain, Donald Trump, qui a entrepris depuis son retour au pouvoir des efforts de médiation du conflit, a dit souhaiter un accord de paix entre Kiev et Moscou pour mettre fin aux «tueries insensées». Pour Berlin, l’attaque russe souligne que «Poutine ne montre aucune volonté de négocier». Paris a également dénoncé l’«obstination» de Moscou à poursuivre la guerre.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a «condamné fermement» l’attaque et appelé à la «désescalade» et à un cessez-le-feu.

Le ministère russe de la Défense a, lui, parlé d’une «frappe massive» menée «en réponse aux attaques terroristes du régime de Kiev contre des infrastructures civiles», assurant que c’étaient des «entreprises de l’industrie militaire et des sites énergétiques» qui avaient été visés dans Kiev et sa région.

Dans les rues de Kiev, les habitants ont afflué vers les abris, parfois un matelas sous le bras. Quelque 52 000 personnes, dont 4 500 enfants, se sont réfugiés dans le métro, la plus grande affluence constatée de nuit ces dernières années, selon l’opérateur du métro de la capitale.

En représailles aux frappes russes, l’Ukraine a multiplié les attaques sur les raffineries et dépôts de pétrole en Russie, provoquant des pénuries de carburant dans la pays.

Nord Stream : la justice évoque un «crime de guerre»

Le parquet allemand a accusé jeudi les autorités ukrainiennes d’avoir ordonné le sabotage des gazoducs germano-russes Nord Stream, peu après l’invasion de l’Ukraine, annonce intervenant à l’occasion de l’inculpation pour «crime de guerre» d’un suspect.

Le suspect «et d’autres militaires ont élaboré, à la demande des autorités ukrainiennes, un plan visant à détruire les gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2», a indiqué le parquet dans un communiqué, rappelant que ces conduites sous-marines ont été sabotées à l’explosif en septembre 2022.

Il est accusé d’un «crime de guerre consistant en une attaque contre des infrastructures civiles», d’avoir «causé une explosion à l’aide d’explosifs», de destruction d’ouvrage et de «perturbation d’installations publiques».

L’Ukraine a toujours démenti avoir orchestré le sabotage, mais elle n’a pas non plus caché sa satisfaction, jugeant légitimes toute attaque en mesure d’affaiblir la capacité du Kremlin à financer sa guerre.

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