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Naturmusée : dernière danse pour l’exposition animalECH


Monique Kirsch, chargée de communication pour le musée d'histoire naturelle (Photo : alain rischard)

Ce dimanche 23 août, l’exposition animalECH prendra fin au musée national d’Histoire naturelle à Luxembourg. Elle questionne le rapport que nous, humains, entretenons avec les animaux.

Il n’est pas trop tard pour découvrir, ou redécouvrir, l’exposition temporaire du musée national d’Histoire naturelle à Luxembourg : «animalECH». Inaugurée le 19 décembre, elle tirera sa révérence ce dimanche 23 août. Son but? Questionner le spectateur sur la relation qu’il entretient avec les animaux.

À l’entrée, un couloir entouré de miroirs accompagne notre marche pendant qu’un lapin empaillé nous observe prenant part à la visite. L’exposition part d’un constat : tout le monde a un regard différent sur les animaux. L’objectif est de montrer les différentes manières d’appréhender «les animaux non humains». Le titre prend alors tout son sens : animalECH est un jeu de mots que l’on pourrait traduire par «les animaux et moi». Et cette perception est, évidemment, subjective.

«Nous aussi, on est des animaux, seulement certains ne veulent pas l’accepter», la principale différence, c’est que nous sommes humains, explique Monique Kirsch, chargée de communication pour le musée, justifiant ainsi le titre de l’exposition, à l’initiative de Patrick Michaely, le directeur du Naturmusée.

Un parcours éducatif et interactif

Premier constat, les animaux sont partout : dans notre assiette, chez nous, mais aussi dans notre vocabulaire. Tout au long de la visite, des expressions où interviennent nos amis à plumes, poils et écailles sont inscrites sur des silhouettes animalières ou humaines cartonnées. Certaines sont en français, comme «bouc émissaire» ou «vache à lait».

Sur l’un des murs, une immense frise chronologique, avec des images réalisées par l’intelligence artificielle, reprend les différentes étapes du droit des animaux. «La fiche montre les moments de cruauté qu’il y a eu envers eux jusqu’au débat moderne sur la dignité ou l’égalité», développe la chargée de communication.

L’exposition interroge aussi sur le rôle des musées. On se rend compte que l’on a besoin des animaux pour la recherche scientifique, notamment pour étudier l’évolution des espèces. Pour illustrer cette réalité, des centaines de papillons décorent l’un des murs de la pièce et, à deux pas de ces insectes, on peut observer un coin réservé à la taxidermie.

«C’est presque un art, il y a même des concours», amorce Monique Kirsch, en pointant du doigt un oiseau empaillé, un ruban synonyme de victoire près de la patte. En effet, pour qu’il soit présentable, un long travail de préparation est nécessaire sur l’animal mort. Il faut notamment nettoyer la peau ou les plumes de l’animal avant d’intégrer ces éléments à une structure artificielle.

Mais la meilleure manière de comprendre, c’est de participer. Certains segments de l’exposition sont interactifs. Il y a des casques pour écouter les sons des animaux ou encore un jeu de rôle pour déterminer si une espèce invasive est «coupable ou non».

Une espèce invasive est définie comme un organisme introduit par l’homme dans un milieu qui n’est pas le sien et qui a un impact sur la faune locale. Ainsi, nous nous posons la question du regard que nous portons sur ces animaux. Pourquoi juge-t-on plus sévèrement une guêpe qu’un chat?

Alors, innocent ou coupable? (Photo : alain rischard)

À la fin du jeu, chacun évalue si l’animal est coupable, en fonction de sa sensibilité personnelle.

Abattoir et maltraitance

Au détour d’un couloir, l’exposition montre aussi le pire de notre rapport avec les animaux. Protégée par des rideaux en plastique, pour éviter d’être aperçue par les enfants et les personnes les plus sensibles, la reconstitution d’un abattoir est présentée au public. D’ordinaire, une vidéo est diffusée. «On dirait un film d’horreur», commente la chargée de communication. L’objectif est d’encourager chacun à se construire un avis en pleine connaissance de cause : «Le but n’est pas de choquer, mais d’enseigner. Beaucoup de personnes achètent leur viande au supermarché sans savoir comment on la fabrique», argumente Monique Kirsch.

La visite s’achève par une ultime pièce où des dizaines de photos de pigeons entourent l’une des stars de l’exposition : le lion Freddy. Son apparence patibulaire et sa mine déconfite ne sont pas le fruit du hasard.

Sa présence sert à montrer l’évolution de la taxidermie à une époque où la technique était moins perfectionnée. L’objectif est de montrer l’animal comme un individu à part entière. Le lion a une histoire tragique. Il a vécu dans l’ancien zoo de Senningen, dans une cage trop petite et dans des conditions difficiles.

Le lion Freddy tient son nom du chanteur autrichien Freddy Quinn. (Photo : alain rischard)

L’exposition est accessible jusqu’à ce dimanche 23 août et une ultime visite guidée est proposée en luxembourgeois le jour de la fermeture, de 16 h à 17 h.

La prochaine exposition portera sur l’anniversaire des trente ans du musée dans le quartier du Grund.

Le musée est ouvert du mardi au dimanche. Le tarif est de sept euros pour les adultes, cinq euros en tarif réduit et gratuit pour les enfants et jeunes adultes de moins de 21 ans, les étudiants de moins de 26 ans, les personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite, les Amis du musée d’histoire naturelle, et les détenteurs de la LuxembourgCard ou d’un Kulturpass. Plus d’informations sur mnhn.public.lu.

De nombreuses surprises

Même après le 23 août, le musée réservera encore des surprises. De nombreuses salles composent l’exposition permanente. Pour ce qui est de l’histoire de la Terre, un espace dédié à l’astronomie est proposé au public. Et au détour de celle-ci, vous pourrez observer leur collection de minéraux.

Pour les amoureux des animaux, différentes pièces illustrent la diversité des environnements luxembourgeois et internationaux. Certaines salles sont thématiques, comme la salle survie où se font face les ours polaires et les animaux du désert.

Et bien entendu, qui dit musée d’histoire naturelle, dit espèces disparues. Différents fossiles et reproductions sont exposés, à l’image de certains reptiles volants, de reptiles marins et de quelques os de dinosaures, notamment avec la jambe d’un hadrosaure.

L’homme de Loschbour, considéré comme le «premier Luxembourgeois», fait aussi partie des meubles, et vous pouvez approcher, il ne mord (normalement) pas.

Le crâne du Tyrannosaure se trouve juste en dessous d’un canard, pour montrer que dinosaures et oiseaux appartiennent à la même famille. (Photo : alain rischard)

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