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Luxembourg : quelle gestion des médicaments dans les eaux usées ?


Que deviennent nos médicaments périmés ou... ceux que l'on a ingurgités ? (Photo : Julien Garroy)

Le député Dei Gréng Marc Hansen s’inquiète de la gestion des substances médicamenteuses dans les eaux usées au Grand-Duché. Il évoque deux rivières qui seraient particulièrement touchées : la Sûre et l’Alzette, contaminées par «des principes actifs comme le diclofénac (anti-inflammatoire), l’estrone (hormone) et plusieurs antibiotiques.» Le gouvernement se veut rassurant mais la réponse reste hésitante.

Le député a interpellé le gouvernement via une question au ton un brin angoissant. «Il existe plus de 3000 substances pharmaceutiques autorisées dans l’UE […] On ignore encore comment ces produits chimiques affectent l’écosystème en détail, mais il semblerait qu’ils ont une influence sur l’augmentation des taux de mortalité, le déclin des espèces, l’altération de l’ADN, le déséquilibre hormonal chez certains organismes voire même la féminisation des organismes mâles.»

Le député s’inquiète de la gestion des substances qui se retrouvent dans nos eaux usées, via le transit humain ou le rejet sauvage des médicaments dans les toilettes par exemple. Le député évoque aussi la gestion des eaux usées des hôpitaux et des maisons de retraite.

«Il faut relativiser le constat d’une forte contamination de la Sûre et de l’Alzette, en particulier par les principes actifs comme le diclofénac (anti-inflammatoire), l’estrone (hormone) et plusieurs antibiotiques», estime le ministre Etienne Schneider dans sa réponse. Le ministre de la santé admet toutefois : «Les résultats des relevés montrent la présence de certaines de ces substances dans les cours d’eau mentionnés ci-dessus. Une évaluation des concentrations […] n’est pourtant pas possible à-ce stade vu les données restreintes disponibles.»

L’Alzette la plus visée

Le ministre admet également que c’est dans l’Alzette que les relevés sont les plus élevés, «vu l’urbanisation plus importante dans le bassin versant de l’Alzette». Car c’est bien la présence des ménages qui renforce ce phénomène, moins que la présence des hôpitaux ou des maisons de retraite. Toutefois, le ministre précise qu’à l’avenir, les constructions hospitalières devront être dotées d’un double circuit des eaux usées, pour pouvoir traiter spécifiquement les eaux usées à forte teneur médicamenteuse.

Quant aux actions menées plus globalement, le ministre évoque essentiellement le travail fait pour réduire la prescription des antibiotiques, qui ont un impact plus fort dans les écosystèmes après. Mais aussi une participation à une étude européenne menée sur le milieu hospitalier, en partenariat avec le Liser. Mais l’on retiendra surtout cette phrase : «il n’existe à ce stade pas de normes de qualité environnementales réglementées.» Bref, le débat est loin d’être terminé.

Le Quotidien

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