Une institution ferme ses portes au centre-ville de Thionville. Le restaurant familial vietnamien Nguyen’s Cagna aura servi ses plats traditionnels durant 48 ans. Retour sur une histoire riche en émotions et en saveurs.
Le restaurant vietnamien Nguyen’s Cagna ferme ses portes, avenue Albert-1er, après 48 années d’existence. La fin d’une histoire familiale pour la gérante et cuisinière, Evelyne Tang, qui a fondé le restaurant avec son mari en 1978, juste après leur arrivée en France.
Le couple fuyait le conflit interne au Vietnam après la guerre. Evelyne et son mari sont venus s’installer à Thionville «pour être proches du Luxembourg, où il y aurait des opportunités pour les enfants». Ils sont arrivés comme de véritables «extraterrestres» dans le paysage thionvillois.
«Nous étions le premier restaurant asiatique de la ville. On a dû affirmer notre identité.» Des discriminations que n’ont pas connues les plus jeunes générations de la famille, affirme Michel Tang, le fils d’Evelyne : «Mes enfants n’ont pas ce problème. La k-pop et les mangas ont aidé à faire connaître les différents pays asiatiques.»
Très attachés à leur clientèle
Si Evelyne Tang entend bien profiter de sa retraite auprès de son époux, la cuisinière ne cache pas pour autant son émotion face aux travaux en cours dans les locaux, déjà méconnaissables.
Tout comme son fils Michel, qui assurait le service, Evelyne garde un attachement quasi familial pour toute sa clientèle : «C’est grâce à nos clients que nous avons prospéré!»
Michel, présent en salle depuis de nombreuses années, a développé un profond attachement pour ses clients à force de les côtoyer, il a assisté «à toutes les étapes de leur vie ! J’ai vu des couples se former, des familles grandir, et puis des décès aussi, inévitablement».
Il conserve un lien avec les plus fidèles, notamment un monsieur «qui réglait toujours par chèque. C’est le seul client dont j’acceptais ce mode de paiement».
Bien qu’elle soit née à Paris, Evelyne Tang est restée attachée aux saveurs traditionnelles de son pays d’enfance, car la Franco-Vietnamienne a grandi en Asie. C’est cette culture qu’elle a partagée avec ses clients au fil de ses 48 ans de service.
«Les gens raffolaient du poulet sauté, frit ou au caramel. Les plaques chauffantes étaient très populaires aussi.» Une page qui se tourne désormais pour la famille Tang.
Emeline Julia
(Le Républicain lorrain)