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Séquestré pendant douze jours à Arlon


Voulant régler leurs comptes à un jeune qui devait de l’argent à l’un d’entre eux, des jeunes prévenus ont séquestré la victime durant 12 jours à Arlon.

Le fameux kidnapping du baron Empain, à la fin des années 70, a-t-il trotté dans la petite tête d’un des jeunes prévenus qui comparaissaient lundi devant le tribunal correctionnel d’Arlon? À l’époque, les ravisseurs du baron Empain avaient joint à leur courrier… la phalange découpée d’un auriculaire de la victime, Édouard-Jean Empain, l’homme d’affaires belge vivant à Paris.

Trente-six ans plus tard, en janvier 2014 à Arlon, des jeunes ont eu l’idée de séquestrer un autre jeune qui devait de l’argent à un membre de la bande. Un des prévenus a même menacé la victime de «lui couper la phalange des doigts» à l’aide d’une pince qu’il avait emportée! Heureusement, la jeune victime a pu conserver l’intégralité de ses membres, mais a été plus que marquée par une séquestration qui a duré douze jours.

Pourquoi un si long délai? «On l’a gardé enfermé dans l’appartement 12 jours car on voulait être certain qu’il touche ses allocations du CPAS», dit l’un des prévenus. L’auteur principal risque 30 mois de prison Comment tout ce scénario noir a-t-il été préparé? Avec beaucoup d’improvisation apparemment.

Un des prévenus voulait faire peur à la victime qui lui avait prétendument volé de l’argent et ne lui restituait pas. Avec son amie, son frère et deux autres jeunes, le principal prévenu a fait amener la victime dans son appartement où des coups lui ont été portés. «Je l’ai frappé avec la main ouverte. C’étaient des baffes, pas des coups de poing. On voulait juste lui faire peur parce qu’il nous avait volés, moi et mon frère», dit un des prévenus. Mais les coups n’étaient pas si anodins, puisque portés à l’aide d’une pince dans la main, ils ont blessé la victime au visage et lui ont entraîné une incapacité de travail par la suite.

Pour le parquet, le substitut du procureur du roi Christophe Delait réclame des peines sévères contre les auteurs de cette séquestration et de ces coups et blessures: le principal prévenu, qui fait défaut, risque une peine de 2 ans et demi de prison et son frère, récidiviste, 1 an et demi. La compagne du principal prévenu, qui fait défaut également, encourt également 1 an et demi de prison.

Un autre complice, qui n’a pas participé à la séquestration et s’est «contenté» de donner une baffe, pourrait écoper d’une peine de travail de 120 heures, comme le requiert le parquet. Quant à un 5e prévenu, il devrait pouvoir bénéficier d’un acquittement car rien ne prouve qu’il a eu la volonté de participer à la séquestration.

Deux des prévenus qui risquent le moins étaient défendus lundi à Arlon par Mes Anne-Catherine Mignon et Joëlle Saussez. Quant à Me David Moinet, qui défend le frère du principal prévenu, il demande l’indulgence du tribunal pour son client qui tend à se responsabiliser depuis qu’il est incarcéré et reconnaît les fautes qu’il a commises.

Le jugement sera rendu le 19 octobre.

Dominique Zachary (L’Avenir)

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