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Près de Metz, recherches et espoirs après la découverte «unique au monde» d’hydrogène naturel


(Photo : AFP)

Pourra-t-on prochainement exploiter en France des millions de tonnes d’hydrogène naturel, possible source d’énergie décarbonée? Les recherches s’intensifient autour d’un gisement sous-terrain en Lorraine (est) potentiellement unique au monde, dont les retombées économiques pourraient profiter à toute la région.

À Pontpierre, près de Metz, une plateforme de forage de 41 mètres de haut, venue d’Autriche, a été érigée en périphérie du village de 800 habitants.

À la mi-janvier, les tiges ont atteint 2 600 mètres de profondeur. Et l’objectif est de creuser encore, jusqu’à 4 000 mètres courant février, à la recherche d’hydrogène blanc, ou natif, dissout naturellement dans les eaux souterraines.

Ces travaux doivent permettre de poursuivre les investigations après la découverte «unique» de ce qui pourrait être «la plus grosse réserve d’hydrogène naturel au monde», lance Yann Fouant, responsable des relations publiques de la Française de l’Energie (FDE).

Cette entreprise mène le projet avec l’appui scientifique du laboratoire GeoRessources du garnd centre de recherche français CNRS et de l’Université de Lorraine, dans le cadre d’un programme de recherches baptisé Regalor II (pour Ressources en gaz et en lithium en Lorraine).

Selon les estimations du CNRS, le gisement lorrain – qui s’étend aussi sur une partie des territoires belge, luxembourgeois et allemand – pourrait comporter environ 34 millions de tonnes d’hydrogène.

«Petites bulles en surface»

Le but de ce nouveau programme de recherches est de descendre bien plus bas que le précédent (qui s’était arrêté à 1 300 m de profondeur) pour «se rapprocher peut-être de la source, de la cuisine de l’hydrogène» et ainsi mieux comprendre les mécanismes de sa formation, explique Jacques Pironon, directeur de recherches au laboratoire GeoRessources.

L’hydrogène natif se forme naturellement dans le sous-sol, via des réactions chimiques, entre l’eau et des minéraux par exemple.

En Lorraine, où l’extraction minière a jadis fait fleurir l’économie, les veines de charbon, en se transformant en gaz «avec le temps (et) la température», sont peut-être à l’origine de la création de l’hydrogène, avance M. Pironon.

Cela peut aussi provenir d’une réaction entre des molécules de fer et d’eau: le fer va créer «de la rouille en quelque sorte» pour ainsi produire de l’hydrogène.

Les études actuellement menées doivent permettre de déterminer quelle hypothèse est la bonne.

Cette phase de recherches permet aussi d’anticiper l’exploitation future, espérée, de cette ressource. Dans le cadre de ce forage, «on a déjà produit l’hydrogène, on l’a remonté, on a eu des petites bulles en surface», détaille M. Fouant.

«Promesse»

«C’est vraiment une promesse (…) pour l’instant, tous les feux clignotent au vert en termes de décarbonation», de «source d’énergie» et «d’indépendance énergétique», s’enthousiasme Philippe de Donato, directeur de recherche au CNRS, qui travaille sur le projet.

Il se félicite également de «l’avance» française en matière de recherche sur l’exploitation du gaz dissout dans l’eau, grâce notamment à une sonde brevetée «que nous sommes les seuls à utiliser». «On a continué de travailler, d’améliorer cette sonde-là, à la fois en système de mesure et maintenant en système d’extraction à dimension industrielle».

Pour le président de la région Franck Leroy, «ici (…), le sous-sol fait partie de notre histoire». «Demain, il peut devenir un atout stratégique pour notre souveraineté énergétique et industrielle.»

Deux associations locales de défense de l’environnement appellent cependant à la vigilance quant à l’impact futur du projet sur les nappes d’eau souterraine.

Un précédent projet de la FDE, qui visait à exploiter les gaz de couche (le méthane piégé dans les veines de charbon du sous-sol lorrain) a été enterré en décembre par le Conseil d’Etat français, justement à cause du risque jugé trop élevé d’atteinte aux ressources en eau.

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