Selon un grand nombre de personnes en situation de handicap, l’accès au centre-ville est compliqué, car il n’y a pas assez de places PMR. «Il faudrait revoir les quotas», revendique Patricia, une Messine actuellement en reconversion du fait de son handicap. Du côté de la mairie, on prend très au sérieux cette problématique. Chaque année, la Ville crée de nouvelles places dédiées. Mais l’opération n’est pas simple.
Patricia, 55 ans, souffre d’une forme grave de lombosciatique. Parfois, ses jambes ne la portent plus. Quand elle quitte Metz Devant-les-Ponts pour se rendre au centre-ville, elle a besoin de trouver une place de stationnement au plus près de son lieu de destination. «Avec ma voiture, je tourne plusieurs fois. Souvent, je repars chez moi, faute d’avoir trouvé une place.»
Devant la cité administrative, elle avait ses habitudes, «mais la place PMR (personnes à mobilité réduite) est désormais réservée aux voitures électriques». Rue des Tanneurs, «deux places sur quatre ont été prises pour l’électrique aussi. Pourquoi n’ont-ils pas choisi des places classiques?».
Selon elle, «il faudrait revoir les quotas au centre-ville : deux emplacements au marché couvert, ce n’est pas assez!», estime Patricia, qui suit actuellement une formation de reconversion pour personnes en situation de handicap à l’Epnak, place de France. «Toutes les personnes de ma promotion disent la même chose.»
Cette question avait été posée au conseil municipal de Metz du 4 juin dernier par le conseiller d’opposition Jean-François Secondé, qui avait constaté que les onze places PMR autour de la cathédrale étaient occupées un lundi matin. À d’autres moments, «après 19 h et le dimanche, c’est complet aussi, car les places n’étant plus payantes, il n’y a pas assez de contrôle», regrette le mari de Patricia.
Quatre à dix places de plus par an
En la matière, rien n’est simple. À part peut-être le règlement, comme le rappelle Jérémy Bosco, conseiller en charge de la voirie : «C’est la loi : les places PMR sont gratuites sur la voirie pour les personnes munies de la Carte mobilité inclusion stationnement. À Metz, cela vaut pour la durée maximale, qui est de douze heures.
Ces personnes peuvent aussi stationner, si cela est possible pour elles, sur toutes les places classiques, gratuitement.» En revanche, si les parkings en ouvrage sont tenus par la loi de créer des places réservées accessibles, il n’y a pas d’obligation de gratuité.
La ville compte 550 places PMR sur un parc total de 4 800 places en voirie. «À chaque réunion de concertation, on nous en demande et nous le faisons dès que l’espace public le permet», appuie Jérémy Bosco. «Tous les ans, on en ajoute entre quatre et dix.»
«On ne peut pas lisser les pavés»
Mais créer une place PMR s’avère souvent compliqué. «Ces places font 3,50 mètres de large sur 5 mètres de long», soit l’équivalent d’une place et demie. Impossible de les ajouter, par exemple, dans un espace de stationnement en épi.
Dans le périmètre classé du centre-ville, «on ne peut pas lisser les pavés. Or, certaines places sont difficiles d’accès aux publics PMR», relève l’élu. Les pentes, comme celle de la rue d’Estrée, sont également contre-indiquées.
Les chantiers, tels qu’actuellement la reprise du parking souterrain de la cathédrale, compliquent la donne. Deux places PMR ont été temporairement supprimées place Saint-Étienne, mais «nous en avons ajouté une place du Marché», fait remarquer le conseiller.
En outre, le maire a proposé d’ouvrir la place d’Armes au stationnement le samedi, le temps des travaux, avec trois places PMR. Mais il faudra surmonter le problème des pavés.
Par ailleurs, le maire va «engager une démarche de sensibilisation auprès des associations pour encourager les personnes en situation de handicap sans fauteuil à utiliser davantage les places classiques».
Quant aux contrôles, il faudra peut-être veiller au grain hors horaires payants. Le PV est de 135 € pour stationnement gênant. Une somme reversée à la Métropole, qui finance l’amélioration de la politique des transports et du stationnement.
Le Républicain lorrain