Fin 2022, deux lignes de bus reliant le Luxembourg au bassin de Longwy étaient supprimées, en raison d’une hausse des agressions de chauffeurs et de caillassages dans le quartier du Val-Saint-Martin. Cinq maires vont adresser un courrier au gouvernement grand-ducal, afin de plaider pour le rétablissement total.
«Je n’ai jamais dit que je ferai remettre en place les lignes de bus vers le Luxembourg en deux jours, mais que je saisirai la ministre de la Mobilité dès l’élection. En réalité, nous avions même anticipé cette démarche dès le 15 mars…»
Nouveau maire de Mont-Saint-Martin, Olivier Bova tente de dérouler son programme, malgré l’agitation financière que connaît sa ville. Dans son viseur, cette fois : les lignes de bus 703 et 732 qui reliaient autrefois sa commune à Rodange, au Grand-Duché.
Mi-septembre 2022, ces circuits avaient été suspendus le soir, dans un premier temps, par l’Administration des transports publics (ATP) du Luxembourg. Ceci en raison d’une hausse des agressions des chauffeurs, côté français, et de tirs de projectiles et de pistolets à billes dans les vitres de bus de l’opérateur RGTR, dans le quartier Val-Saint-Martin.
Puis, en décembre 2022, l’ATP décidait de supprimer l’intégralité des deux lignes, nuit et jour. Les tentatives de l’ancienne équipe municipale pour les rétablir n’avaient pas abouti.
Examiné en juillet
Selon Olivier Bova, le temps est venu de retenter sa chance. Il vient d’adresser un courrier au gouvernement luxembourgeois, cosigné par plusieurs élus du territoire. Dans son sillage, le Saint-Martinois a entraîné Hamdi Toudma, maire de Longlaville, et Gérard Didelot, maire d’Herserange et président de la Communauté d’agglomération du Grand Longwy. Absents lors de la signature de la lettre, les maires de Longwy et Haucourt-Moulaine, Vincent Hamen et Serge Pagnoncelli, sont aussi partie prenante de l’initiative.
«Cette démarche nous a été recommandée par Yuriko Backes, l’actuelle ministre de la Mobilité au Luxembourg», indique Olivier Bova. «L’idée est que notre demande soit portée lors d’un conseil du gouvernement qui doit se tenir en juillet et qui décidera du retour à nous donner, car cela engage des crédits budgétaires. Si c’est positif, les lignes pourraient être remises en service après l’adoption du prochain budget, prévu en décembre 2026.»
«Moment favorable»
«Nous sommes dans un moment favorable», estime Gérard Didelot, rappelant son titre de président du Transport du Grand Longwy (TGL). «Depuis cette époque, nous n’avons plus eu de caillassages de bus à Mont-Saint-Martin. Au TGL, nous avions aussi pris des mesures, mais temporaires… Et en quatre ans, le nombre de travailleurs transfrontaliers a encore augmenté. La demande pour ces lignes est de plus en plus forte», plaide le patron du Grand Longwy.
Son vice-président à la politique de la Ville, Hadmi Toudma, abonde : «C’est inadmissible, au niveau de Mont-Saint-Martin, de ne plus être desservi… Quand vous avez des familles qui habitent dans un quartier où le taux de chômage explose, c’est important d’avoir les outils pour permettre aux habitants d’aller chercher du travail ailleurs.»