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Herserange : la thèse de la mort accidentelle prend du poids


L’enquête n’est pas terminée. Mais elle livre petit à petit certaines vérités sur la mort de Liliane Feltin, le 24 janvier dernier à Herserange. Pour l’instant, rien ne démontre une quelconque intervention extérieure.

L’affaire renvoie à un week-end froid de janvier. Le corps de Liliane Feltin, 62 ans, est retrouvé sous un manteau neigeux dans son jardin, à l’arrière de la demeure familiale de la rue Douchy, à Herserange. Autour d’elle, des objets sont renversés ou cassés. Ce 24 janvier, les pompiers ne parviennent pas à réanimer la pharmacienne installée depuis toujours dans cette commune du Pays-Haut Meurthe-et-Moselle.

La mort brutale de la sexagénaire charrie depuis son lot de questions. La première : dans quelles circonstances est-elle décédée ? Le procureur de la République de Briey, Yves Le Clair, évoquait à l’époque « des ecchymoses sur le corps semblant guère compatibles » avec une chute.

Huit semaines d’enquête de la police judiciaire de Nancy et des rapports d’expertises médico-légales n’ont pas encore validé une thèse définitive. Un scénario prend cependant du poids aujourd’hui. « On ne ferme aucune porte, assure une source judiciaire. Mais c’est vrai qu’une piste se dégage. » Celle d’un accident.

La victime a succombé à une hypothermie

D’après les résultats de l’autopsie approfondie et de différents examens ordonnés par le parquet de Briey, Liliane Feltin a succombé à une hypothermie. « Certains marqueurs dans le sang le prouvent clairement. » Le médecin légiste n’a relevé aucun hématome cérébral compatible, par exemple, avec des coups. Les ecchymoses sur le reste du corps ? C’est un des enjeux des expertises encore en cours.

Les hommes du SRPJ se sont aussi intéressés aux lieux. Et à des traces de sang relevées sur une porte de la maison. « Il s’agit du sang de la victime », indique le procureur de la République de Briey. Ces résultats n’écartent totalement pas l’hypothèse d’un crime. « Mais pour le moment, aucun élément ne montre qu’un tiers est intervenu dans cette affaire douloureuse. En tout cas, personne d’autre que la victime n’a laissé de trace sur place, poursuit le magistrat. Il faut voir maintenant si cela se confirme. On n’a pas encore terminé les investigations. »

Ces éléments techniques se recoupent avec les avancées de l’enquête policière. La PJ a entendu beaucoup de monde pour reconstituer les dernières heures de la défunte et l’emploi du temps de chacun. « Rien ne vient contredire une possible mort accidentelle », confie un proche du dossier.

« Nous allons chercher si certaines pathologies peuvent expliquer que la défunte se soit effondrée dans le jardin, poursuit Yves Le Clair. Et puis, je prendrais une décision. » Qui pourrait être celle de la fin de l’enquête. Et d’un classement sans suite.

Kévin Grethen (Le Républicain Lorrain)

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