Une entreprise, basée en région parisienne, exploitait une centaine de personnes en situation irrégulière pour des services de nettoyage auprès d’une grande enseigne de fast-food. C’est lors d’un contrôle d’identité mené à Mont-Saint-Martin que l’enquête a commencé. Quatre personnes ont été mises en examen.
Un simple contrôle d’identité des hommes de la police aux frontières à Mont-Saint-Martin a été le point de départ du démantèlement d’un important réseau de travail dissimulé. Fin 2024, un homme d’origine africaine confie travailler depuis deux semaines dans une enseigne de restauration rapide de la commune. Il explique n’avoir aucun contrat de travail et décline l’identité de «son patron», implanté en région parisienne.
Les services de police vont alors remonter la piste d’une société de nettoyage industriel, avec à sa tête quatre dirigeants : la tête pensante du réseau, son fils, son frère et un ami. «Ils employaient une brigade de personnes en situation irrégulière, qu’ils payaient une misère, logeaient et amenaient un peu partout en France sur leurs lieux de travail. On n’est pas loin de la traite d’êtres humains…», souligne-t-on du côté du parquet de Val de Briey.
Préjudice d’un million d’euros
Après plusieurs mois d’enquête pilotée par un juge d’instruction de Val de Briey et menée conjointement par l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim) de Nancy et le Groupe interministériel de recherche (Gir) de Moselle, un système de fraude pérenne, débuté en 2011, a été mis en évidence.
L’entreprise, peu scrupuleuse, avait conclu des contrats avec une trentaine de sous-traitants auprès d’une grande enseigne de restauration rapide. Des contrôles ont été opérés simultanément dans de nombreux établissements de cette même chaîne à Paris, Lyon, Nice, Toulouse, en Bretagne et donc en Lorraine. Une vingtaine d’employés ont été entendus sur leur situation administrative et sur leur statut de victime dans le cadre d’un trafic de main-d’œuvre. Au total, une centaine de personnes auraient été exploitées.
Le préjudice financier est estimé à un million d’euros, soit 630 000 euros pour les organismes de protection sociale et 280 000 euros pour l’administration fiscale. Les quatre personnes suspectées d’être responsables de ce trafic ont été interpellées et mises en examen.
Parmi elles, la tête de réseau a été placée en détention provisoire. Les investigations se poursuivent, toujours sous l’égide du juge d’instruction de Val de Briey, dans le cadre de l’information judiciaire.