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Bure: prison ferme pour deux opposants au projet Cigéo


Le 22 février, 500 gendarmes étaient intervenus pour déloger du bois Lejuc une quinzaine d'opposants. (Photo: AFP)

Le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc a condamné à 3 mois de prison ferme et incarcéré lundi deux opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, l’un pour violences lors de l’évacuation du bois Lejuc, l’autre pour des dégradations ultérieures.

La condamnation du premier opposant, un homme âgé de 24 ans, qui prévoit huit mois de prison dont cinq mois avec sursis et une interdiction de territoire en Meuse et en Haute-Marne, a été accueillie par des vives protestations de la centaine d’opposants qui a assisté lundi au procès. Certains ont quitté la salle en scandant: « A bas l’Etat, les flics et la justice ». Le procureur, Olivier Glady, avait requis dix mois de prison dont la moitié avec sursis.

Le prévenu est soupçonné d’avoir jeté en direction des gendarmes un bidon d’essence enflammé, ce qu’il conteste, avant d’incendier le bivouac qu’il habitait lors de l’évacuation par 500 militaires, le 22 février à l’aube du bois Lejuc, épicentre de la contestation au projet Cigéo. Il a reconnu avoir donné un coup de pied à un militaire, puis craché sur un second « par dégoût et mépris » lors de son interpellation. « Je venais de perdre une partie de ma vie dans les flammes de cette cabane et dans les ruines de tous les lieux habités, rasés ce matin-là », a-t-il expliqué.

Site occupé depuis 2016

Le site, occupé depuis l’été 2016 par des opposants au projet de centre d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, a été retenu par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) entre autres pour y mener des explorations.

Une femme, âgée de 30 ans, a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis pour rébellion lors d’une perquisition à la « Maison de résistance », à Bure, après des dégradations dans le village et à l’encontre des gendarmes à la suite de l’évacuation du bois. Non assistée d’un avocat, elle a refusé de s’exprimer sur les faits.

Une seconde femme, refusant de se lever, de décliner son identité et de s’exprimer, a été condamnée à trois mois de prison ferme et incarcérée, conformément aux réquisitions du procureur. Elle faisait partie d’un groupe qui avait jeté des pierres sur le véhicule d’un pépiniériste et de deux employés, mandatés par l’Andra la semaine dernière, près du bois Lejuc. Six autres personnes seront jugées pour ces faits ultérieurement.

Les trois opposants étaient également poursuivis pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement de signalétique. Trois autres personnes, interpellées lors de la perquisition de la Maison de résistance, seront jugées le 12 juin pour outrages et/ou rébellion sur agent dépositaire de l’autorité publique.

Le Quotidien/AFP

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