Les images sont pour le moins douteuses. Samedi matin, le ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden, a publié une vidéo sur les réseaux sociaux témoignant d’une visite de terrain nocturne dans la Ville-Haute et dans le quartier Gare de Luxembourg. Il était notamment accompagné de la bourgmestre Lydie Polfer, du directeur général de la police, Pascal Peters, et du procureur général d’État, John Petry. Tandis que ces derniers se sont baladés en simple blouse, uniforme ou chemise, Léon Gloden a visiblement voulu marquer le coup. Celui qui incarne le plus la politique du «Law and order» au gouvernement CSV-DP était équipé d’un gilet pare-balles, bien visible sous sa veste légère. Un simple coup de pub pour se présenter en homme fort?
Notre confrère Philippe Schockweiler, régulièrement présent à Kiev et sur le front de guerre en Ukraine, se dit choqué. «En Ukraine, nous portons des gilets pare-balles parce que les missiles, les drones et l’artillerie russes cherchent à nous tuer. (…) Léon Gloden en porte un parce qu’une caméra le suit. La politique comme un cosplay de guerre (…)», s’insurge-t-il sur Facebook. Ses mots sont forts sur la forme, mais bien compréhensibles sur le fond. Pourquoi porter un gilet pare-balles alors que rien ne semblait justifier une telle protection, au vu de la tenue des autres protagonistes de cette visite?
Il ne s’agit pas de la première sortie malheureuse du ministre chrétien-social. On se souvient de la «chasse» engagée contre de supposées bandes de mendiants «déposés sur le boulevard Royal par des limousines immatriculées en Belgique». Des propos jamais confirmés par des faits. D’autres messages et mises en scène étaient également malheureux. En même temps, on ne peut pas nier que Léon Gloden a engagé depuis son entrée en fonction, fin 2023, d’importants moyens pour augmenter la sécurité dans la capitale et à travers le pays. Le recrutement annuel de centaines de nouveaux agents est à saluer. La police locale, contestée au départ, commence également à faire ses preuves. On revient donc à la question : pourquoi défiler avec un gilet pare-balles dans les rues de Luxembourg? C’est sans doute ce qu’on appelle se tirer une balle dans le pied.