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Luxembourg : en finir avec les «vaches à lait»

L’un des pétitionnaires revendiquant une «baisse d’impôts pour les célibataires» pour aboutir à une équité d’imposition par rapport aux personnes mariées a utilisé une expression qui ne sera certainement pas passé inaperçue lundi au Parlement.
En effet, en qualifiant les célibataires de «vaches à lait» de l’État, Giancarlo Sartori, qui a affirmé lui-même : «J’ai une famille, mais j’ai décidé de rester célibataire», a tapé dans le mille. Car le système fiscal actuellement en vigueur se révèle particulièrement injuste pour les personnes célibataires, qu’elles aient des enfants ou non.
Les contribuables luxembourgeois sont classés en fonction de leur état civil et, dans ce système, les célibataires paient le prix fort. D’une part, parce que ceux qui n’ont pas d’enfants sont intégrés dans la classe 1, qui subit la plus lourde pression fiscale, et, d’autre part, parce que les parents célibataires (tout comme les parents divorcés et les veufs) sont, quant à eux, dans la classe «1a» (tandis que la classe 2 est réservée aux couples mariés). Or les contribuables de la classe 1a n’ont pas grand-chose à envier à ceux de la classe 1, en suivant l’évolution du barème en vigueur, en fonction des revenus perçus par les contribuables, dès qu’ils dépassent le SSM. Au cours du débat public qui s’est tenu hier à la Chambre, le ministre des Finances a très justement conclu son intervention en ces termes : «Nous travaillons sur un projet de nouveau barème unique et neutre selon lequel la seule chose qui sera prise en compte par l’État au niveau de l’imposition sera le revenu (et non plus la situation familiale). Ceci est absolument nécessaire en vue de moderniser le droit fiscal, pour qu’il entre véritablement dans le XXIe siècle.» Car la société d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et le système fiscal actuel ne doit plus permettre le genre de réflexions trop souvent tenues et reprises par le pétitionnaire Sartori, à savoir, en substance, qu’au Luxembourg, si on paie trop d’impôts, il n’y a que deux solutions : partir pour l’étranger ou se marier et faire des enfants.

Claude Damiani

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