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La Sécurité sociale souffre

Publiés ces derniers jours, les rapports chiffrés confirment la pression financière qui pèse sur les principales branches de la Sécurité sociale.

À première vue, l’Assurance dépendance se porte bien. Elle affiche un excédent de 48,3 millions d’euros en 2025, portant sa réserve à 610,1 millions d’euros. La mise en garde ne tarde pas à suivre : «Face (à) plusieurs tendances structurelles, telles que le vieillissement démographique (…) et la hausse des maladies chroniques (…), il devient indispensable de relever les défis (…) pour garantir la qualité des prestations de l’assurance dépendance (…)».

Le vieillissement démographique est l’un des principaux facteurs qui pèsent sur l’ensemble des assurances sociales. En première ligne, le système de pensions. Avec 7,55 milliards d’euros versés en 2025 à 243 500 retraités, le nombre de pensions payées a augmenté de 43,5 % par rapport à 2015. L’écart est encore plus marqué avec 2005, où 2,12 milliards d’euros de pensions avaient été versés à 121 400 bénéficiaires. Heureusement, la réserve continue de croître grâce au Fonds de compensation. Fin 2025, elle s’élevait à 32 milliards d’euros, soit de quoi financer plus de quatre années de pensions. Mais la réforme des pensions de 2026 ne fait que repousser le fameux «mur des pensions» de quatre ans. La réserve légale – équivalant à 1,5 fois les prestations annuelles – ne passerait sous le seuil requis qu’en 2042, tandis que son épuisement n’interviendrait qu’en 2048. Le gouvernement issu des élections de 2028 devra donc, une nouvelle fois, se pencher sur ce dossier épineux.

Le déficit de l’assurance maladie-maternité continue, lui aussi, de se creuser, atteignant 102,1 millions d’euros en 2025 et, selon les prévisions, 126,5 millions d’euros en 2026. Un premier paquet de mesures pourrait permettre d’économiser 95 millions d’euros. Sans intervention, la réserve déjà en forte baisse à 834 millions d’euros, soit 17,1 % des prestations annuelles, risque de passer dès 2027 sous le seuil légal de 10 %.

Gouvernement, syndicats, patronat et prestataires de santé se disent conscients des problèmes existants. Des décisions parfois douloureuses devront être prises pour guérir durablement un système de Sécurité sociale déjà souffrant.

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