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Fausses excuses

Toute proportion gardée, le Luxembourg a plutôt bien résisté au coronavirus. Sans vouloir dédramatiser les 848 décès dus au covid, le Grand-Duché n’a pas été confronté au scénario catastrophe d’une surcharge des hôpitaux, à l’obligation de procéder à un tri des malades ou à l’installation de camions frigorifiques pour délester les morgues.

Les restrictions ont par moments été musclées, mais de loin pas aussi radicales que dans d’autres pays. En automne et en hiver derniers – et en dépit d’un couvre-feu – le citoyen luxembourgeois a toujours pu profiter de plus de libertés que son voisin belge, français ou allemand. C’est toujours le cas aujourd’hui. L’extension du Covid Check amène néanmoins certains individus à parler de «dictature» et d’«oppression». Des liens honteux entre vaccination et Shoah sont même établis.

Il est à rappeler que si l’on vivait vraiment dans une «dictature», une manifestation comme la marche blanche serait interrompue à coups de matraque, voire pire. Ceux qui crient «oppression» sont invités à se rendre au Bélarus ou en Afghanistan pour voir à quoi ressemble une vraie dictature.

Dans le même temps, il faut garder à l’œil que les coronasceptiques et autres opposants aux restrictions ne représentent qu’une minorité d’une société qui compte désormais près de 434 000 vaccinés. Pourtant, il y a un constat à poser : le fait que le Luxembourg n’a pas connu de catastrophe sanitaire rend la population moins sensible à l’importance de se protéger contre le virus. Il suffit de jeter un regard sur le Portugal, exposé à une telle catastrophe absolue fin janvier. Près de 100 % des plus de 12 ans sont aujourd’hui vaccinés.

Au Grand-Duché, on atteint à peine les 75 %. Le gouvernement s’est donc vu obligé de forcer un peu la main aux récalcitrants. Le Covid Check élargi est contesté, mais plus de 13 000 personnes supplémentaires se sont fait vacciner pour la première fois depuis le vote de la loi. Un signe positif à un moment où les infections et les hospitalisations augmentent progressivement.

Dans ce contexte, l’argument selon lequel «seulement» 12 personnes se trouvent en soins intensifs ne tient également pas la route. La vigilance doit reprendre le dessus sur les fausses excuses.

David Marques

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