La méfiance reste de mise. «En période de crise, le patronat et le gouvernement qui lui est favorable présentent comme nécessaires les attaques contre les salaires, notamment contre le salaire social minimum, ainsi que les exigences de flexibilité accrue imposées aux salariés», accuse Nora Back, la présidente de l’OGBL, à l’occasion de la rentrée syndicale (lire ci-dessus). Malgré le succès de la tripartite de juin et la reprise d’un dialogue social constructif, le camp syndical reproche toujours à l’exécutif CSV-DP de faire cause commune avec le patronat, au détriment des salariés. Ce coup de pression n’est pas anodin : jeudi, les tractations sur la très contestée réforme de l’organisation du temps de travail se poursuivront en format tripartite. L’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) réclame en effet davantage de flexibilité, une revendication rejetée par l’OGBL et le LCGB.
La tâche du ministre du Travail, Marc Spautz, qui doit veiller à préserver la paix sociale rétablie avant l’été, ne s’annonce pas aisée. Le premier syndicat du pays craint également de nouvelles attaques contre l’indexation automatique des salaires et des pensions. Une politique d’austérité est aussi redoutée alors que l’inflation complique toujours davantage la vie des ménages, dont beaucoup peinent à joindre les deux bouts. Mais les mises en garde de l’OGBL sont-elles justifiées?
Sans connaître les propos de Nora Back, le ministre des Finances, Gilles Roth, a mis l’accent sur le volet social lors de la présentation du projet de budget de l’État pour 2027. Il a répété que «l’index est gravé dans le marbre». Les bénéficiaires du salaire minimum vont voir leur revenu net augmenter de 200 euros par mois en 2027. De nombreuses aides et prestations sociales sont maintenues, voire revues à la hausse, en attendant la réforme fiscale de 2028, qui doit, selon le gouvernement, profiter en priorité aux familles.
Pourtant, l’OGBL – sans faire mention de son union sacrée avec le LCGB – menace de redescendre dans la rue pour défendre les salariés. Les prochaines réunions tripartites, y compris en séance plénière, devraient rapidement permettre de savoir si le Luxembourg aura droit au traditionnel «automne chaud» des syndicats.