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Comment amortir le choc?

Le Premier ministre, Luc Frieden, a été clair lors de sa déclaration sur la guerre contre l’Iran, mardi dernier à la Chambre : «Si le Moyen-Orient est en feu, cela a aussi un impact direct sur les prix de l’énergie et donc sur l’inflation, le pouvoir d’achat des gens et les entreprises, en particulier celles qui sont énergivores. Des emplois et, donc, le bien-être des gens pourraient être menacés.»

La question qui se pose aujourd’hui, avec notamment une hausse continue du prix des carburants, est de savoir comment réagira le gouvernement et quelle sera, le cas échéant, la marge de manœuvre financière pour amortir le choc.

Invitée hier matin sur RTL Radio, la députée Paulette Lenert (LSAP) a estimé que l’exécutif conservateur-libéral doit passer en «mode crise».

L’ancienne vice-Première ministre a eu à gérer non seulement la pandémie de covid, mais aussi le choc énergétique provoqué par la guerre d’agression russe contre l’Ukraine.

Un accord avait été trouvé fin septembre 2022 au bout d’une tripartite tendue. Le paquet ficelé prévoyait le déblocage par l’État d’une enveloppe de plus d’un milliard d’euros afin de venir en aide aux ménages et entreprises, lourdement frappés par l’explosion des prix de l’énergie.

La priorité retenue avait été de freiner au maximum l’inflation. Les tarifs du gaz, de l’électricité et du mazout avaient notamment été plafonnés ou gelés.

Trois ans et demi plus tard, le prix de l’électricité reste stable grâce à la prise en charge par l’État d’une partie des frais de réseau. Une mesure qui coûte 150 millions d’euros. Sera-t-elle suffisante?

Le ministre des Finances, Gilles Roth, clame que les finances publiques sont saines. Mais avec la forte augmentation de l’effort de défense et une réforme fiscale qui pèsera annuellement un milliard d’euros à partir de 2028, il semble compliqué de trouver l’argent qui permettrait de mettre en place un nouveau bouclier énergétique.

Le Premier ministre renvoie, lui, vers les mesures fiscales prises pour doper la croissance et le pouvoir d’achat ainsi que vers le développement renforcé des énergies renouvelables afin de limiter l’impact du conflit sur le Luxembourg.

Mais le besoin d’une intervention à court terme augmente chaque jour à mesure que la guerre se prolonge.

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