Une pétition déposée à la Chambre des députés visant le renforcement du luxembourgeois comme langue d’intégration à apprendre obligatoirement au Luxembourg a déjà presque atteint son quota de signatures obligatoires en moins d’une semaine. L’auteur de la pétition en explique ainsi l’objectif : «Dans la vie quotidienne, on constate de plus en plus de situations où la communication en luxembourgeois devient difficile, voire impossible.» Du coup, je me suis demandé si le droit de pouvoir s’exprimer dans sa langue maternelle dans son pays d’origine était une question nationaliste ou pas.
«En français, s’il vous plaît!» La phrase fait bondir les Luxembourgeois purs et durs. Dernièrement, une vendeuse m’a accueillie par un encore plus surprenant «In English, please!» alors que j’allais juste acheter une paire de chaussettes lambda. J’imaginais une petite mamie luxembourgeoise prendre son déambulateur à son cou en maudissant la fermeture des Monopol. Déjà que le médecin qui l’a opérée de la hanche est indien et son kiné, tchèque!
Il n’y a pas qu’en matière de logement ou d’infrastructures que le Luxembourg pèche. La population grandit à vitesse grand V sans que les conséquences d’une telle croissance aient été correctement anticipées. Finalement, elles nous dépassent et créent des insécurités dans une certaine partie de la population. À force de se vanter que les Luxembourgeois sont des champions en matière de pratique des langues «étrangères», on finit par se persuader que c’est le cas de toute la population. Qu’en un claquement de doigts, comme des intelligences artificielles, on change de langue tout naturellement. Eh bien, non. Loin de là.
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Faudrait-il alors se promener avec un traducteur de poche? La petite mamie a déjà bloqué trois smartphones. Il paraît que les langues doivent unir, favoriser le vivre-ensemble, l’intégration et autres belles choses. Cette pétition, si son quota de signatures est atteint, aura au moins le mérite de lancer un débat sur les langues au Luxembourg. «Babbelen» comme à Babel est une chimère. On peut toujours rêver.