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À quand le dérapage?


La pression commence à s’accentuer sur le gouvernement. Interrogé dans nos colonnes, le secrétaire général adjoint de la Fédération des artisans, Christian Reuter, réclame la tenue d’une tripartite. Il serait grand temps de «prendre les devants» et de discuter de mesures d’aide avant que la situation ne s’aggrave encore. Le ton est similaire dans le camp syndical. Ce mercredi, OGBL et LCGB sont montés au créneau pour demander au gouvernement de prendre «sans délai» des mesures afin d’amortir la flambée des prix de l’énergie. Malgré le clash sur le salaire minimum, l’Union des syndicats se dit prête à s’asseoir à la table d’une tripartite. Plusieurs partis de l’opposition parlementaire insistent également, depuis plusieurs semaines, sur la nécessité d’activer ce levier en temps de crise.

Les appels à l’aide de deux des trois partenaires de la tripartite influencent peu l’exécutif CSV-DP, qui temporise toujours. Dans un communiqué diffusé après un échange avec ses homologues européens, le ministre de l’Économie, Lex Delles, répète que le «gouvernement reste attentif à l’évolution de la situation internationale et se tient prêt à adapter ses dispositifs si cela s’avère nécessaire, en privilégiant des mesures temporaires, ciblées et coordonnées au niveau européen». Le Premier ministre, Luc Frieden, défend cette ligne depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Il faudrait attendre que la «hausse substantielle des prix (de l’énergie)» impacte lourdement les citoyens et les entreprises.

Au plus tard, l’annonce d’une seconde tranche indiciaire en 2026 obligera le chef du gouvernement à convoquer une tripartite. Ce scénario est ancré dans l’accord de coalition. L’ancien Premier ministre Xavier Bettel s’est montré, à l’image de Luc Frieden, longtemps réticent à user de cet instrument de crise. La pandémie et la guerre en Ukraine l’ont forcé à agir. Il sera crucial de ne pas être cueilli à froid, alors qu’une fin du conflit et du blocage du détroit d’Ormuz ne sont pas en vue. En parallèle, se pose la question de savoir si, et dans quelle mesure, l’État doit encore payer les pots cassés des va-t-en-guerre que sont Donald Trump et Benjamin Netanyahu. Même des aides ciblées risquent de faire déraper la dette publique.

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