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Le Groupement des entrepreneurs fête ses 75 ans


La ministre des Travaux publics était présente à l'anniversaire. (Photo: ann sophie lindström)

Créé il y a 75 ans, le Groupement des entrepreneurs a fêté mercredi soir son anniversaire. L’occasion pour le président du conseil d’administration d’apprécier le chemin parcouru et de fixer les prochains défis.

«Nous nous souvenons des pionniers de 1951. Imaginez cette époque : le Luxembourg était encore en pleine reconstruction après la guerre. Les moyens étaient limités, les machines étaient simples, mais la volonté de créer quelque chose de nouveau était sans limites.» Mercredi soir, Marc Giorgetti, le président du conseil d’administration du Groupement des entrepreneurs, a profité des 75 ans de la fédération pour jeter un oeil dans le rétro. «Cet anniversaire est un hommage au travail et à la responsabilité d’un secteur qui, depuis trois quarts de siècle, constitue la colonne vertébrale de notre économie et de notre société.»

Refusant de résumer le secteur au béton et à l’acier; Marc Giorgetti a tenu à rendre hommage aux travailleurs, «ces femmes et ces hommes qui se rendent tôt le matin sur les chantiers». Une main-d’œuvre indispensable que le Groupement des entrepreneurs a choisi d’accompagner dès 2002 avec la création de l’Institut de formation sectoriel du bâtiment. Une initiative qui a permis de porter la formation à un niveau supérieur, plus professionnel et plus technique. «Nous voulions dépasser l’image du “simple artisanat” pour affirmer notre statut de secteur de haute technicité. Aujourd’hui, quand je regarde les chiffres, j’en éprouve une grande fierté : depuis sa création, nous avons formé plus de 100 000 stagiaires.»

Marc Giorgetti a également tenu à rappeler l’importance pour le secteur du dialogue social qui se traduit selon lui par «des accords concrets». Ce qui ne l’a pas empêché de rappeler que des ajustements étaient sans doute nécessaire dans les années à venir. «Aujourd’hui, nous avons impérativement besoin de flexibilité dans le droit du travail ! Nous ne pouvons pas relever les défis d’aujourd’hui avec les règles d’hier. Le travail sur les chantiers dépend de la nature et de la météo : notre législation doit enfin en tenir compte.»

Une crise loin d’être terminée

Le président du conseil d’administration ne pouvait évidemment pas mettre de côté la crise que traverse le secteur. «Le Luxembourg se trouve à un carrefour historique. Nous ne pouvons pas rester figés sur le statu quo. Le gouvernement a posé de bonnes bases ces derniers mois et ces dernières années.» C’est pourquoi le Groupement des entrepreneurs formule plusieurs revendications comme la réanimation du marché de la VEFA, l’amortissement accéléré jusqu’à 600 000 euros, la flexibilisation du Bëllegen Akt ou l’arrêt de la bureaucratie. «La crise du logement est loin d’être terminée.»

Ce marché reste d’ailleurs «un enjeu économique, social et territorial majeur» pour le Luxembourg et représente 30 % de l’ensemble de l’activité du secteur du bâtiment. Mais pour Marc Giorgetti, le constat est simple : l’offre réagit trop lentement et de façon trop limitée face à la demande. «Tant que ce déséquilibre structurel persistera, même des corrections de prix conjoncturelles ne résoudront pas durablement le problème de l’accessibilité. Le véritable défi ne consiste donc pas seulement à relancer le marché, mais à le ramener vers un meilleur équilibre.»

Une situation qui exige d’augmenter réellement l’offre, d’agir sur le foncier, d’accélérer les processus de production et de mieux répartir les possibilités de logement sur l’ensemble du territoire. Des décisions qui viendront de la volonté de l’Etat et des communes à changer les choses. «Si les pouvoirs publics — et la Ville de Luxembourg l’a prouvé — développent leurs terrains puis les font construire pour les proposer ensuite à la location à des prix abordables, nous aurons fait un grand pas en avant!»

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