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Quelque part, dans la campagne bélarusse, une voiture « hybride »


Une vieille Audi 80 qui a des chevaux sous le capot... (photos AFP)

Depuis l’enfance, Alexeï Ousikov a toujours aimé bricoler. Sa dernière invention : un véhicule mi-voiture, mi-cheval qui lui permet de se déplacer dans la campagne pauvre du Bélarus.

« C’est plus fiable. Ça ne vous laisse pas tomber n’importe où », assure cet agriculteur de 31 ans qui habite le minuscule village de Kniajitsy, dans la région de Moguilev. L’histoire de ce curieux moyen de transport commence lorsqu’un voisin offre à Alexeï les restes d’une vieille Audi 80. Le bricoleur découpe alors la carcasse, en retire le moteur, le volant, et y glisse un passage pour les rênes de son cheval. « Maintenant, c’est mon Audi 40 car il manque la moitié », plaisante-t-il.

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L’agriculteur utilise l’engin pour se rendre à son travail dans une ferme collective – où il s’occupe du bétail pour 200 euros par mois – et lors des travaux des champs. Réputée dans toute l’ex-URSS pour la qualité de ses produits agricoles, l’économie bélarusse compte en grande majorité des fermes étatiques qui sont encore souvent désignées sous le terme de « kolkhoze », datant de la collectivisation soviétique.

Avec les félicitations de la police

« Mes collègues n’y croyaient pas quand je suis arrivé la première fois avec cette voiture-cheval. Ils étaient surpris à cause de l’engin, bien sûr, mais aussi parce qu’on peut mettre de la musique dans l’habitacle, que le klaxon fonctionne et que tout est équipé », raconte Alexeï. Autre amélioration installée par ses soins : un petit poêle à charbon relié à une cheminée sortant du toit. Il lui permet de se réchauffer pendant les rigueurs de l’hiver.

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L’engin d’Alexeï lui a valu une petite renommée dans la région. « Il y a peu de jeunes aujourd’hui qui font ça. C’est le 21e siècle, avec les ordinateurs, les téléphones, et lui essaye de perpétuer les traditions de l’ancien temps. Et c’est son occupation préférée : les chevaux », commente une épicière du coin. Même les autorités locales saluent son initiative. Alexeï raconte qu’un policier l’a un jour arrêté aux rênes de son engin et appelé son supérieur pour savoir si le véhicule était autorisé. En réponse, le chef l’a félicité et lui a souhaité bonne route.

LQ/AFP

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