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Inquiétude sur l’onde de choc possible des attentats sur le spectacle


(Photo : AFP)

L’attentat au Bataclan n’a pas vidé les salles de spectacles parisiennes mais les producteurs de concerts redoutent l’onde de choc possible sur l’économie du secteur alors que les ventes de billets ont connu un sévère coup d’arrêt dans la capitale.

Les ventes de billets de concerts de musique actuelle et variétés à Paris ont accusé depuis les attentats une chute de l’ordre de 80% par rapport aux chiffres habituellement constatés à cette période de l’année, cruciale pour l’économie du spectacle, selon une première tendance communiquée vendredi par le Prodiss, syndicat des producteurs, diffuseurs et salles de spectacles.

Même si cette estimation ne porte que sur quelques jours, elle rend «les producteurs super-inquiets pour la suite», indique cette organisation regroupant quelque 340 entrepreneurs de spectacles.

«Il y a une baisse» sur les achats de billets, confirme un producteur de concerts rock. «Mais cette baisse concerne tout le pays, le luxe, le tourisme, on n’est pas les seuls», rappelle-t-il, en estimant que cette «baisse n’est que passagère».

Après avoir annulé ou reporté plusieurs concerts dans la foulée de l’attaque du Bataclan qui a fait plus de 80 morts en plein concert, les grandes salles parisiennes ont rouvert leurs portes mardi.

Plusieurs concerts ont fait le plein, comme Simply Red au Zénith ou la comédie musicale «Résiste» au Palais des sports.

Dans le cinéma, plus de 2,2 millions de spectateurs sont allés voir «007 Spectre», qui réussit le meilleur score pour un James Bond en France en dépit de la fermeture de la plupart des cinémas parisiens samedi.

Dans le théâtre privé, la fréquentation a chuté de 35 à 40% dans les premiers jours. Même des pièces à succès comme «Le Mensonge» avec Pierre Arditi au théâtre Edouard VII et «Fleur de Cactus» avec Catherine Frot au Théâtre Antoine ont vu la salle se vider de plus du tiers.

Le casse-tête du jeune public

«Je m’attendais à pire», témoigne toutefois Bernard Murat, directeur du théâtre Edouard VII et patron du syndicat des théâtres privés. «Les gens ont envie de sortir, s’il n’y a pas d’autre attentat, la courbe va remonter» d’ici une quinzaine de jours, estime-t-il.

Jean-Marc Dumontet, directeur de quatre théâtres parisiens dont le Point Virgule et le Théâtre Antoine constate déjà «un retour du public».

Il reste optimiste pour les fêtes: «novembre et décembre sont les plus gros mois pour le théâtre, les réservations sont déjà très avancées», avec par exemple une salle remplie aux trois quarts en décembre pour «Fleur de Cactus».

Les théâtres accueillant le jeune public sont touchés de plein fouet par les restrictions apportées aux sorties scolaires. Le directeur du Théâtre de la Ville, Emmanuel Demarcy Mota, travaille d’arrache-pied à adapter les pièces pour les faire voyager dans les écoles, comme il l’avait fait après les attentats de janvier.

La sécurité a été renforcée partout. Edouard VII a par exemple fait appel à cinq professionnels de sécurité supplémentaires, soit un coût de «près de 1.000 euros par jour», précise Bernard Murat. Les contrôles sont également drastiques devant les grandes salles comme le Zénith ou le Palais des sports.

La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a annoncé cette semaine la création d’un fonds de solidarité destiné à aider les professionnels à faire face aux impacts économiques des attentats. Un fonds abondé à hauteur de 3,5 millions d’euros par les pouvoirs publics et 500.000 euros par la Société des auteurs compositeurs (Sacem).

Le Prodiss salue cette annonce mais évalue pour sa part l’enveloppe nécessaire pour équiper les salles (personnel, éventuellement portiques, vidéo) à des «dizaines de millions». «L’enjeu, c’est clairement de redonner confiance au public pour qu’il puisse revenir aux concerts avec plaisir, en toute sécurité».

AFP/M.R.

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