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Décès de Robert Duvall, acteur dans «Le Parrain» et «Apocalypse Now»


Robert Duvall a connu son premier grand rôle au cinéma à 31 ans dans "Du Silence et des ombres". (Photo : afp)

Avocat de la famille Corleone dans les deux premiers volets du Parrain et lieutenant-colonel aimant « l’odeur du napalm au petit matin » dans Apocalypse Now, l’acteur américain Robert Duvall est décédé dimanche à 95 ans.

« Hier, nous avons dit adieu à mon cher mari, ami précieux et l’un des plus grands acteurs de notre époque. Bob est décédé paisiblement à la maison », a écrit son épouse, Luciana Duvall, dans un communiqué partagé sur les réseaux sociaux lundi.

« C’était un acteur né, comme on dit (…). Son don phénoménal restera à jamais dans les mémoires. Il va me manquer », a réagi Al Pacino, son partenaire dans Le Parrain, dans un communiqué.

Robert Duvall a connu son premier grand rôle au cinéma à 31 ans dans Du Silence et des ombres (1962), adaptation du roman d’Harper Lee Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur.

Dans ce film, « il te bouleverse » sans un mot de dialogue, a relevé l’acteur américain Alec Baldwin dans une courte vidéo d’hommage postée sur Instagram après l’annonce de son décès.

C’est ensuite Francis Ford Coppola qui lui a confié ses rôles les plus marquants : Tom Hagen, avocat du « Parrain » dans ses deux premiers volets (1972 et 1974), et Bill Kilgore, lieutenant-colonel amateur de surf dans Apocalypse Now (1979).

Ce film sur la guerre du Vietnam, qui valut à Robert Duvall une nomination aux Oscars et le fit véritablement entrer dans la lumière, le voit prononcer l’une des répliques les plus célèbres de l’histoire du cinéma. « J’aime l’odeur du napalm au petit matin », lance en plein bombardement son personnage, torse nu et coiffé d’un chapeau de cow-boy.

Francis Ford Coppola a ainsi salué sur Instagram « un si grand acteur et un élément si essentiel d’American Zoetrope (NDLR : la société de production cofondée par Francis Ford Coppola) depuis ses débuts ».

Dirigeant d’entreprise tyrannique dans Network : Main basse sur la télévision (1976), militaire traitant sa famille comme des soldats dans The Great Santini (1979), Robert Duvall a remporté l’Oscar du meilleur acteur pour son interprétation en 1983 d’un ancien chanteur country alcoolique dans Tendre bonheur.

« Le western est à nous »

Son rôle préféré était toutefois celui du Texas Ranger devenu le cow-boy Augustus McCrae dans la minisérie télévisée Lonesome Dove (1989). « C’est mon Hamlet », disait-il au New York Times en 2014. « Les Anglais ont Shakespeare; les Français, Molière. En Argentine, ils ont Borges, mais le western est à nous. »

L’un des rares regrets de sa carrière fut de ne pas avoir été retenu au casting des Dents de la mer de Steven Spielberg (1975).

Également scénariste, réalisateur et producteur, Robert Duvall a dirigé cinq films, dont Le Prédicateur (1997), qu’il a écrit et dans lequel il incarne un pasteur évangélique en quête de rédemption.

Né en 1931 d’un père militaire et d’une mère comédienne amateure, il a étudié l’art dramatique, puis passé deux ans dans l’armée, avant de s’installer à New York pour s’adonner à sa passion du théâtre.

Il a partagé un appartement surpeuplé de Manhattan avec notamment Dustin Hoffman. Un autre futur grand, Gene Hackman, mort en février 2025, « traînait » alors avec eux, avait-t-il raconté à GQ en 2014.

Robert Duvall, aux opinions politiques républicaines, vivait loin des paillettes, dans la campagne de Virginie, où sa famille avait ses racines. Il disait ne se rendre à New York et à Los Angeles que lorsque c’était nécessaire.

Lui et sa quatrième épouse, l’actrice et réalisatrice argentine (aussi connue sous son nom de naissance) Luciana Pedraza, de 41 ans sa cadette, s’étaient établis dans une ferme vieille de près de 300 ans. L’acteur n’a pas eu d’enfant.

Il aimait aussi Buenos Aires, la capitale argentine, « plus que tout autre endroit ».

Sur Instagram, l’actrice britannique Jane Seymour s’est remémoré « son amour du barbecue » et son goût pour le tango. Le comédien et humoriste américain Adam Sandler a décrit sur X un homme « drôle à en mourir ».

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