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[Cinéma] «The Super Mario Galaxy Movie» : l’épopée spatiale de Super Mario


Ce deuxième volet «ajoute un peu plus d'histoire» et introduit d'autres personnages, comme le dinosaure Yoshi, explique Shigeru Miyamoto. (Photo : universal pictures/nintendo)

CINÉMA Plus de 40 ans après les premiers bonds de Super Mario, son créateur, Shigeru Miyamoto, reconnaît n’avoir «jamais imaginé» que ce «petit personnage», aujourd’hui star d’une épopée spatiale sur grand écran, «deviendrait si grand».

Avec The Super Mario Galaxy Movie, sorti mercredi, Nintendo espère rééditer le succès colossal du premier long métrage d’animation consacré au plombier moustachu, qui avait récolté 1,36 milliard de dollars en 2023. Haut comme une poignée de pixels à ses débuts – 16 exactement –, Mario a traversé les époques, jusqu’à l’explosion visuelle rendue possible aujourd’hui par le studio Illumination de Chris Meledandri, coproducteur du film avec Shigeru Miyamoto.

Si les contraintes technologiques des années 1980 avaient obligé son géniteur à faire preuve d’ingéniosité, et dicté les caractéristiques physiques de Mario (moustache, casquette, salopette…), les possibilités quasiment infinies d’aujourd’hui ont également présenté un défi. «S’il n’y a pas plus de limites, alors n’importe qui peut le faire. Et Nintendo a toujours voulu créer des choses que nous seuls pouvons réaliser», a glissé Shigeru Miyamoto. «Nous avons donc travaillé avec Chris et son équipe» pour «créer quelque chose d’incroyable, pour pouvoir ensuite intégrer les éléments qui font l’essence de Nintendo».

Au cocktail Japon-Hollywood s’ajoute même un ingrédient français : le studio d’animation est basé à Paris. Chris Meledandri souligne que chacun de ses films (Despicable Me, Minions…) reflète une «sensibilité française, qu’elle s’exprime à travers le langage visuel ou le jeu des personnages».

Contrôle absolu

Échaudé par le fiasco de la première adaptation au cinéma de l’univers de Mario en 1993, une version en prise de vues réelles reléguée au rang de curiosité kitsch, Nintendo a repris le contrôle absolu de ses licences. Pour ce nouvel opus, les réalisateurs ont choisi l’univers du jeu Super Mario Galaxy, sorti en 2007 sur la console Wii. Mais transposer un jeu aux mécaniques aussi singulières de pesanteur et d’apesanteur au grand écran représentait un casse-tête de mise en scène.

«Il y a eu beaucoup de discussions sur les différences entre une expérience de la gravité agréable à jouer, et une qui soit fun à regarder», raconte Shigeru Miyamoto. Mais «nous n’avons pas cherché à recréer les mêmes sensations, ce qui serait juste impossible», souligne Chris Meledandri. Il évoque une scène se déroulant dans un casino de l’espace, bâtie en jouant autour de la gravité. «À mesure que nous travaillions sur cette séquence, Miyamoto-san nous indiquait où renforcer le « feeling » du jeu.»

Là où le précédent long métrage multipliait surtout clins d’œil et références, le défi consistait cette fois à approfondir davantage le récit. «Avec le premier film, nous voulions surtout traduire l’expérience du jeu» au cinéma, explique Shigeru Miyamoto. Mais cette fois, «nous voulions ajouter un peu plus d’histoire», et donner de l’épaisseur à des personnages volontairement peu étoffés dans les jeux vidéo. «Nous avons eu beaucoup d’échanges (avec les scénaristes) pour nous assurer que cet univers et cette histoire ne contredisent pas le contenu des jeux», explique Shigeru Miyamoto.

«Remises en question»

Le film introduit le dinosaure Yoshi, le renard mercenaire Fox McCloud, et explore les mystérieuses origines de la princesse Peach, personnage longtemps cantonné au rôle de la «damoiselle en détresse» enlevée par le maléfique Bowser, prétexte aux péripéties de Mario. Mais la foisonnante galerie de personnages de Nintendo a obligé à des choix cornéliens, glisse Miyamoto : «Il y en avait trop, nous avons dû en supprimer.»

Le créateur, redouté par les équipes de Nintendo pour ses célèbres «renversements de la table à thé» – une locution japonaise traduisant des interventions à la fin du développement des jeux pour tout remettre à plat – assure avoir travaillé différemment cette fois. «Dans un jeu, on peut reconstruire la structure une fois que les différentes parties sont prêtes, mais pour un film, c’est impossible», souligne-t-il. «Miyamoto-san n’hésite jamais à contester une décision. Mais de ces remises en question peut parfois émerger une voie inattendue», glisse le producteur américain.

«En tant que créateur original (de Mario), j’essaie de fournir le maximum d’informations, de contexte et d’idées sur ma vision des personnages et du monde», mais «c’est Chris et son équipe qui réalisent le film», ajoute Shigeru Miyamoto. «L’équilibre fonctionne bien, et nous essayons d’adopter la même approche» pour d’autres projets. Comme l’adaptation en prises de vue réelles du jeu d’aventure Zelda, attendu en salles l’an prochain.

The Super Mario Galaxy Movie,
d’Aaron Horvath et Michael Jelenic. En salles.

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