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[C’est quoi cette histoire?] Winston Churchill, le peintre, dévoilé lors d’une rétrospective à Londres


(Photo : afp)

On connaissait la figure politique et l’écrivain, mais c’est le peintre, face moins connue de l’ex-Premier ministre britannique Winston Churchill, qui est mis en lumière par une exposition exceptionnelle à la Wallace Collection de Londres. Il s’agit de la plus importante rétrospective consacrée à son œuvre depuis plus de 60 ans, avec plus d’une cinquantaine de toiles, rarement montrées au public, présentées depuis samedi.

Le «Vieux Lion» a débuté la peinture en 1915, alors qu’il a été contraint de démissionner de son poste au gouvernement, après l’échec de la bataille des Dardanelles. «Il s’est soudain retrouvé avec beaucoup de temps libre» et «il a découvert la peinture comme un moyen d’atténuer le stress et les angoisses que cette situation lui a causés», explique Lucy Davis, une des curatrices de l’exposition.

Dans un parcours chronologique, on découvre d’abord ses premiers travaux, sous l’aile du portraitiste John Lavery, puis des toiles réalisées dans sa résidence de Chartwell au sud-est de l’Angleterre dans les années 1920. Autodidacte mais entouré de peintres reconnus, Churchill s’intéresse très vite aux paysages, et s’inspire de ses séjours dans le sud de la France pour composer des toiles aux couleurs vives, dominées par les tons bleus et ocres. «Il voyait la peinture comme un prétexte pour voyager (…) Il aimait la lumière, la chaleur et l’atmosphère, qu’il saisissait avec beaucoup de talent», souligne Lucy Davis.

Une salle est consacrée aux toiles inspirées de séjours au Maroc, dont The Tower of the Koutoubia Mosque, seule œuvre réalisée durant la Seconde Guerre mondiale, puis offerte au président américain Franklin D. Roosevelt. L’exposition se conclut par la période après 1945, lorsque Churchill, vaincu aux législatives, reprend le pinceau, qu’il ne posera plus jusqu’à sa mort en 1965, et voit son travail reconnu par la Royal Academy.

D’un tel personnage, on aurait pu s’attendre à une œuvre influencée par les évènements de son temps. C’est tout le contraire que montre la Wallace Collection. «C’était un chef de guerre (…) mais dans ses tableaux, on perçoit réellement sa joie de vivre, son esprit, son côté espiègle», souligne Lucy Davis. À une exception près : The Beach At Walmer, qu’il peint en 1938, au moment où il alerte sur l’imminence de la guerre. Sur une plage du sud de l’Angleterre, des baigneurs s’amusent, mais au premier plan, un canon noir tourné vers la mer suggère une menace pesante.

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