LITTÉRATURE Le romancier et scénariste de polars Peter May, auteur d’une série écossaise qui a eu un immense succès dans le monde entier, est décédé à 74 ans.
«Peter May était un homme à la sensibilité à fleur de peau, profondément empathique, attentionné, d’une infinie gentillesse», ont écrit dans un communiqué transmis lundi les éditions du Rouergue, l’éditeur français qui fut le premier à publier sa série écossaise, saluant la mémoire d’un «homme immensément créatif». D’abord journaliste, puis scénariste de séries pour la BBC, Peter May est l’auteur d’une trentaine de romans, dont L’Île des chasseurs d’oiseaux, premier tome de sa série sur l’île de Lewis, au nord-ouest de l’Écosse, vendue à trois millions d’exemplaires dans le monde.
Cette œuvre, qui fera accéder l’auteur à la célébrité, est d’abord parue dans sa traduction française en 2010 chez les éditions du Rouergue, aucun éditeur anglophone n’ayant flairé son potentiel. Peter May était l’un des auteurs de polar étrangers les plus populaires en France. «Dans L’Île aux chasseurs d’oiseaux, il y a tout : des personnages magnifiques, des paysages à couper le souffle (…) Peter était peut-être en avance sur la vague scandinave qui est dans cette veine-là», déclarait en 2023 Danielle Dastugue, fondatrice de la maison d’édition française.
Du rebelle à l’écolo
Né à Glasgow le 20 décembre 1951, Peter May a publié son premier livre, The Reporter, à 26 ans, en 1978. La même année, le livre est adapté par l’auteur pour une minisérie de 13 épisodes sur la BBC, intitulée The Standard. Expulsé de son lycée dans les années 1960 pour son caractère un peu trop rebelle, Peter May rêvait d’être écrivain. Après avoir débuté comme journaliste, il poursuit son travail de scénariste pour la BBC puis produit et coécrit avec son épouse, Janice Hally, la série en langue gaélique Machair, sa première œuvre qui se déroule sur l’île de Lewis. Diffusée entre 1993 et 1999 sur la télévision publique écossaise, la série est divisée en douze saisons pour un total de 99 épisodes.
Peter May quitte la télévision en 1996 et écrit Meurtres à Pékin, le premier roman d’une série de polars situés en Chine. Il connaît ensuite le succès avec la tétralogie de Lewis – L’Île des chasseurs d’oiseaux, L’Homme de Lewis, Le Braconnier du lac perdu et Loch noir –, qui sera un succès critique et commercial à l’international.
L’auteur écossais, qui vivait dans le Lot (sud-ouest de la France) avec son épouse et avait acquis la nationalité française, était également soucieux du devenir de la planète, ce qui transparaissait dans ses derniers romans comme Les Disparus du phare ou Tempête sur Kinlochleven. Peter May était aussi passionné de musique et «consacrait le meilleur de son temps, ces dernières années, à jouer, écrire et composer des chansons», écrit sa maison d’édition.