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Cinq raisons de suivre la Vuelta


Chris Froome retrouvera sur sa route Nairo Quintana, mais pas seulement... (Photo : AFP)

Le départ sera donné, samedi, à Malaga, avec deux Luxembourgeois. La Vuelta sonnera comme un air de revanche du Tour de France, mais pas seulement…

Ça sent la revanche pour les battus de juillet, qui ont semblé se réveiller un poil trop tard, à la fin du Tour.

1.Chris Froome est prenable

On le savait début juillet, mais passé le gros coup de massue de la Pierre-Saint-Martin, lors de la première grande étape de montagne, on l’a peu à peu oublié. C’est vrai, le Britannique était le seul à avoir passé, sans encombre, tous les pièges de la première semaine. Il venait de frapper fort, extrêmement fort même, dès le premier col, au point que le Tour paraissait bel et bien plié avant de vraiment commencer. Alors, lorsque celui-ci commença à laisser percer, sous sa cuirasse jaune, quelques signes de faiblesse, il était déjà trop tard.

Nous étions à l’avant-veille de l’arrivée. Mais sa baisse de régime enregistrée dans l’Alpe d’Huez nous l’a rappelé. Oui, même très fort, Chris Froome est battable. Prenable, en tout cas. Et comme juillet, ce n’est pas bien loin, tous ses adversaires, presque les mêmes que sur le Tour, sans Alberto Contador, garderont en mémoire, ces trois prochaines semaines, cette vérité-là.

Mais savoir que Chris Froome est prenable ne suffira pas pour le battre, car l’intéressé est plutôt du genre coriace…

2. Les battus de juillet revanchards

Certes, ils se sont jetés comme des morts de faim sur les accessits en fin de Tour, mais Vincenzo Nibali, Nairo Quintana et même Alejandro Valverde ont eu quelques semaines pour repasser le film de juillet. Il ne peut en être autrement, c’est avec un fort sentiment de revanche qu’ils prendront le départ de cette Vuelta.

Chacun d’entre eux, et même des outsiders, comme l’Italien Domenico Pozzovivo (accidenté sur le Giro), les Espagnols Mikel Landa (en vue sur le Tour d’Italie) et Joaquim Rodriguez (vainqueur de deux étapes sur le Tour) ont sûrement des arguments à faire valoir en raison d’un terrain ultramontagneux, parfaitement à leur convenance.

Si, finalement, Nairo Quintana a semblé accepter la supériorité de Froome, en juillet, on sait qu’il en sera tout autrement de Vincenzo Nibali, incroyablement balayé de la course au général du Tour de France dès les premières étapes. Le sursaut observé sur la route de la Toussuire et son relatif redressement en fin d’épreuve peuvent laisser à penser qu’il voudra se payer la peau de son successeur au palmarès du Tour.

3.Un Tour très, très spectaculaire

Certes, disputé à cheval entre le mois d’août et le mois de septembre, la Vuelta attire moins de monde sur le bord des routes et devant la télévision que le Giro et, surtout, le Tour. Mais les puristes le savent, c’est aujourd’hui l’épreuve la plus difficile, la plus spectaculaire également.

Il est d’ailleurs presque étonnant de constater, ou plutôt de prévoir, que les sprinteurs auront théoriquement six occasions de s’exprimer lors d’arrivées groupées. En effet, les organisateurs renouvellent une formule qui marche.

La Vuelta est devenue plus que tous les autres grands tours, un truc de grimpeur-puncheur. Les arrivées au sommet, il n’y a rien de tel pour doper les audiences, susciter l’intérêt. À condition bien sûr qu’un homme ou une équipe ne cadenasse pas la course. Avec la liste des engagés dans ce Tour d’Espagne, il y a tout lieu de penser que cela ne sera pas le cas. D’ailleurs, et même si on prend quasiment les mêmes coureurs que sur le dernier Tour, qui, aujourd’hui, peut assurer que Chris Froome va nous refaire la même, mais en couleur? Pas nous. Cette Vuelta a tous les ingrédients pour se révéler très attrayante…

4. Revoir Frank Schleck en leader

Depuis 2010 et sa dernière participation au Tour d’Espagne (il avait terminé cinquième), Frank Schleck n’avait plus disposé d’un tel statut de leader unique sur la Vuelta. C’est vrai qu’il n’y était pas revenu non plus. Par la force des choses et des évènements, cela fait même longtemps qu’il ne s’était pas retrouvé à endosser de telles responsabilités, qui plus est, sans partage avec un autre coleader, comme c’était si souvent le cas avant, lorsque Andy était en activité.

S’il n’a pu disputer le Tour, en raison d’un genou douloureux, lui aussi devrait être à l’aise sur le parcours ultrasélectif de la Vuelta, même s’il faudra attendre les longs cols pour le juger. L’enjeu n’est pas moindre. S’il réussit le pari proposé par son équipe, il sera relancé pour la suite de sa carrière. La retraite, ce n’est pas encore pour demain…

5. Jempy Drucker ; premier grand Tour

Son formidable premier succès, il y a peu, à Londres, où il réglait, au sprint, ses compagnons d’échappée, lui a permis de reprendre confiance en lui après des dizaines et des dizaines de places d’honneur.

Vrai qu’au fil des saisons, on avait oublié que, dès ses premiers pas sur route, chez les professionnels, il s’était distingué par ses qualités de finisseur. Et, sans doute, l’a-t-on trop vite cantonné dans la catégorie des coureurs de classiques flandriennes qu’il est, bien sûr, et continuera d’être tant qu’il sera en activité.

Mais comme il nous le confessait récemment, il s’est remis à travailler les sprints à l’entraînement. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Il a tutoyé quelques grands noms sur le Tour du Benelux. Pour son premier grand Tour, on attend de le voir à l’œuvre face à Degenkolb ou Bouhanni, même s’il est vrai que les purs sprinteurs sont assez peu nombreux au départ de cette édition.

Raison de plus pour espérer voir Jempy Drucker en rafler une. Au fait, la dernière fois qu’un sprinteur luxembourgeois s’est illustré dans un grand Tour remonte à loin. Il s’agissait d’Eugène Urbany, troisième en 1983, de la dernière étape du Tour (remportée sur les Champs-Élysées par le Suisse Gilbert Glaus devant l’Irlandais Sean Kelly). Ah, l’histoire…

Denis Bastien

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