Les transferts de détenus mobilisent de plus en plus d’agents de la police grand-ducale, sur fond de hausse de la population carcérale.
Le transport de détenus représente une charge croissante pour la police grand-ducale. Dans une réponse au député pirate Marc Goergen, le ministre de l’Intérieur, Léon Gloden (CSV), et la ministre de la Justice, Elisabeth Margue (CSV), détaillent l’ampleur de ces missions.
Entre prisons et tribunaux, la police a effectué 2 492 transports de détenus en 2023, 2 072 en 2024 et 2 524 en 2025. Mais ces trajets ne représentent qu’une partie de l’activité.
En incluant les transferts entre établissements pénitentiaires, les visites médicales ou les transports depuis d’autres structures, le total atteint 3 839 missions en 2025.
Le gouvernement précise que «les transports entre les prisons et les tribunaux ne représentent qu’environ un tiers des missions du service concerné».
Ces déplacements mobilisent un nombre important d’agents. Selon la réponse parlementaire, «le volume d’heures-hommes consacré à cette mission est passé de 47 401 heures en 2023 à 51 264 heures en 2025». En moyenne, 46 policiers par jour ont été affectés à ces tâches en 2025, contre 42 deux ans plus tôt.
Un bond de 33 % en deux ans
La surveillance de détenus hospitalisés constitue la part la plus importante de cette activité : «les gardes d’hôpital représentent environ 30 % du volume total d’heures en 2025», ont ainsi précisé les ministres.
Cette hausse s’explique notamment par l’augmentation du nombre de détenus. Au Centre pénitentiaire de Luxembourg, la population carcérale est passée de 274 personnes fin 2023 à 366 fin 2025, soit une hausse de +33 %.
Le gouvernement indique vouloir «réduire autant que possible le nombre de transports», tout en garantissant la sécurité des transferts nécessaires. Mais selon les syndicats policiers, «les efforts réalisés jusqu’à présent n’ont eu qu’un impact limité».