Accueil | A la Une | Museum Days : des visites à volonté

Museum Days : des visites à volonté


Toutes les formes d’art étaient représentées dans les musées ce week-end.

Une trentaine de musées ont ouvert leurs portes gratuitement à l’occasion des Museum Days ce week-end. Le beau temps n’a pas freiné les visiteurs, plus nombreux que d’habitude.

«Nous visitons le Luxembourg et nous avons été surpris d’apprendre que les musées étaient gratuits ce week-end. Tant mieux», se réjouit Jonathan, un touriste écossais rencontré devant le Lëtzebuerg City Museum dimanche en début d’après-midi. Il n’est pas le seul à avoir apprécié la surprise. À l’accueil, on nous informe que le musée a accueilli 550 visiteurs dans la journée de samedi au lieu d’une centaine habituellement. Une affluence record due à la gratuité et indépendante du marathon qui a attiré de nombreux visiteurs dans la capitale ce week-end, nous assure-t-on. Elle a continué sur sa lancée dimanche.

Organisé par le Conseil international des musées (ICOM) et soutenu par le ministère de la Culture, les Museum Days ont lieu dans le cadre de la 46e journée internationale des Musées. Pour cette 26e édition, 37 musées ont ouvert leurs portes gratuitement au Luxembourg. Certains proposant, en plus de leurs expositions, des activités spéciales comme la performance de l’artiste luxembourgeois Arthur Unger qui a montré sa technique de pyrochimiogramme sur le parvis du musée national d’Histoire et d’Art.

Pour Malou, ce week-end était une bonne occasion de venir au musée en famille. «On est pris dans nos vies quotidiennes et on n’y vient pas aussi souvent qu’on le pourrait.» Françoise, elle aussi, regrette de ne pas prendre suffisamment le temps pour les loisirs culturels. «Je dis souvent à mon mari que nous devrions aller voir telle ou telle exposition et quand nous nous décidons enfin parce qu’il fait moche ce jour-là et qu’il n’y a rien au cinéma, l’exposition est terminée. Cette fois-ci, nous ne nous sommes pas fait prendre», s’amuse la sexagénaire.

Lex Gillen interprétait un comte Sigefroi passionné par la forteresse qu’il a créée. Photo : sophie kieffer

Car, il faisait beau ce dimanche, comme il n’avait plus fait beau depuis longtemps au Grand-Duché. Pourtant, cela n’a pas freiné un groupe d’une douzaine de personnes de plonger dans les couloirs du temps jusque dans les tréfonds du Luxembourg City Museum pour une rencontre totalement improbable avec le comte Sigefroi de Luxembourg.

Le chevalier ou plutôt son fantôme revenu des limbes est apparu au détour d’un sombre couloir devant une statue de sa bien-aimée Mélusine. Aux visiteurs goguenards, il a raconté l’histoire de sa ville forteresse de sa fondation en 963 à jusqu’à son démantèlement en 1867. Avec humour et verve, l’acteur Lex Gillen a escorté le petit groupe de salle en salle, l’épée tirée prête à le défendre contre toute attaque de félons.

Captivantes et modernes

Captivant petits et grands, les emmenant dans son jeu, Sigefroi fait revivre l’histoire comme un miracle le fait revivre le temps de visites guidées. Il prête son épée et sa très lourde cotte de mailles, pose des colles aux plus jeunes quand ce ne sont pas les plus jeunes qui le collent et lui volent la vedette.

Comme quand un petit chevalier en herbe lui a demandé, l’œil pétillant, les noms de ces onze enfants ou quand le même bambin s’est lancé dans une série de pompes avec une cotte de mailles de plusieurs kilogrammes sur le dos. La visite, au programme habituel du musée, valait le détour. Elle s’est terminée un peu plus d’une heure plus tard, comme elle avait commencé, sur une évocation de Mélusine, son grand amour trahi.

Cette amusante visite démontre à elle seule que les musées ne sont pas des endroits poussiéreux et sombres réservés aux intellectuels coincés ou aux férus d’histoire et d’art. Une exposition propose, par exemple, de revenir sur les origines de la création des associations de la Ville de Luxembourg. Clubs sportifs, fanfares, tout y passe, même, l’air de rien, l’histoire contemporaine et la sociologie d’un territoire. Idem avec l’exposition «Erwin Olaf & Hans Op de Beeck. Inspired by Steichen», reprenant des photographies du célèbre artiste d’origine luxembourgeoise.

L’exposition «Komm, mir grënnen e Veräin!» du Lëtzebuerg City Museum permet aux visiteurs de découvrir l’histoire des associations.

Selon le Conseil international des musées (ICOM) qui avait placé cette journée sous le signe du développement durable, les musées contribuent à consolider les liens sociaux, à favoriser des changements positifs dans nos collectivités et l’intégration des populations, mais aussi à lutter entre autres contre l’isolement social. Autant de raisons supplémentaires, outre leurs sujets variés, pour s’y rendre. Les musées luxembourgeois offrent de nombreuses thématiques différentes pour intéresser un vaste public. Reste à pousser leurs portes, à y entrer et à se laisser embarquer.

Le calme avant l’affluence dans le hall du Lëtzebuerg City Museum.

PUBLIER UN COMMENTAIRE

*

Votre adresse email ne sera pas publiée. Vos données sont recueillies conformément à la législation en vigueur sur la Protection des données personnelles. Pour en savoir sur notre politique de protection des données personnelles, cliquez-ici.