Accueil | A la Une | Le Luxembourg vise lui aussi la Lune

Le Luxembourg vise lui aussi la Lune


Le rover et le «Luna Lander» d’ispace exposés au pavillon luxembourgeois à l’Expo 2025 Osaka. (Photo : sip/emmanuel claude)

Figurant parmi les huit premiers pays du programme Artémis, le Grand-Duché continue de développer son économie spatiale. Un rover, assemblé au Luxembourg, doit se poser en 2027 sur la Lune.

Interrogé dans nos colonnes début avril 2025, le directeur de l’Agence spatiale du Luxembourg (LSA), Marc Serres, tenait à souligner que l’investissement du Grand-Duché dans le spatial dépassait largement la reconquête lunaire. Depuis 2016, le cap est mis sur les ressources spatiales, désormais combinées à des activités de recherche qui seront regroupées au sein d’un futur «Space Campus».

Ces jours-ci, le lancement de la mission Artémis 2 attire toutefois toute l’attention sur le retour de l’humanité vers le corps céleste lunaire. L’équipage, parti ce 1er avril, en fera le tour, en préparation d’un alunissage prévu au plus tôt en 2028 (lire ci-dessus).

Même s’il ne joue qu’un rôle limité, le Luxembourg a fait partie des huit premiers pays à rejoindre, en octobre 2020, le programme lunaire dirigé par la NASA. «Les accords Artémis s’intègrent parfaitement dans les efforts que le Luxembourg a déployés pour soutenir l’exploration pacifique et l’utilisation durable de l’espace, et plus particulièrement, des ressources spatiales au profit de l’humanité», soulignait l’ancien ministre de l’Économie Franz Fayot en marge de la signature des accords.

Une contribution concrète au programme Artémis est l’envoi sur la Lune d’un rover d’exploration de la société japonaise ispace, qui est assemblé au Luxembourg. Le 6 juin 2025, un premier alunissage a échoué de peu. «Nous avons identifié les causes pour cet alunissage manqué. On travaille d’ores et déjà sur nos prochaines missions», assurait Takeshi Hakamada, le fondateur et directeur général d’ispace, lors d’un séminaire organisé, en juin dernier, au pavillon luxembourgeois de l’exposition universelle à Osaka.

La mission confiée à ispace consiste à prélever de la matière minérale à la surface de la Lune. Selon le directeur de la LSA, une prochaine mission devrait s’envoler dès 2027. «Ensemble, nous allons encore écrire l’histoire», promettait en été dernier Takeshi Hakamada.

«À long terme, notre stratégie des ressources spatiales va bien au-delà simplement d’aller creuser un trou sur la Lune pour extraire des ressources. Ce n’est qu’une étape d’un processus qui est beaucoup plus large et doit avoir un impact positif sur l’ensemble des activités spatiales. Si on envisage d’aller sur Mars, on ne peut pas imaginer le faire sans se servir des ressources qu’on va trouver là-haut», expliquait Marc Serres dans l’entretien accordé au Quotidien.

Cap sur le numérique et la robotique

Le hasard du calendrier a voulu que la ministre luxembourgeoise de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, Stéphanie Obertin, ait participé le 1er avril – jour du lancement d’Artémis 2 – à une conférence sur l’espace, organisée à l’ambassade du Grand-Duché à Washington.

Le rendez-vous s’est inscrit dans la continuité de l’accord dans le domaine spatial signé entre le centre interdisciplinaire SnT, rattaché à l’université du Luxembourg, et le «Air & Space Center» de l’université de Californie, basé à Berkeley. Cette coopération académique doit «ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration scientifique dans des domaines tels que les infrastructures spatiales numériques, la robotique spatiale et le droit spatial».

La ministre a aussi souligné «l’importance du partenariat avec les États-Unis». «Le Luxembourg poursuivra avec détermination le développement d’un secteur spatial responsable, durable et stratégique, en s’appuyant sur la recherche, l’innovation et des partenariats internationaux solides», a complété Stéphanie Obertin.

Il y a une dizaine d’années, le Luxembourg comptait une vingtaine d’entreprises au Luxembourg engagées dans le spatial. Entretemps, le secteur compte quelque 80 sociétés.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.