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Incidents techniques chez Luxair : faut-il s’inquiéter ?


(Photo : hervé montaigu)

Selon le ministère de la Mobilité, les incidents recensés depuis janvier 2025 chez Luxair restent «pleinement en ligne avec les standards observés dans l’industrie aéronautique européenne» et «n’ont pas compromis la sécurité des vols». Explications.

Les incidents techniques impliquant des appareils de la compagnie aérienne Luxair ne cessent de se multiplier depuis début 2025. Mais selon le gouvernement, ils ne traduisent pas de problème de sécurité.

Dans une réponse parlementaire publiée ce jeudi 12 mars, la ministre de la Mobilité et des Travaux publics, Yuriko Backes (DP) dresse un état des lieux détaillé de la situation après une question des députés socialistes Liz Braz et Yves Cruchten.

Concrètement, entre le 1er janvier 2025 et le 11 février 2026, la compagnie aérienne luxembourgeoise a opéré 32 375 vols. Sur ce total, 169 opérations ont été touchées par une perturbation d’origine technique, soit 0,5 % des vols. Concrètement, «environ un vol sur 200 a été affecté par une perturbation d’origine technique», indique ainsi la ministre.

Selon la réponse gouvernementale, ces événements doivent être replacés dans leur contexte opérationnel. Il s’agit le plus souvent de «perturbations opérationnelles, telles que des messages systèmes, des indications techniques ou des anomalies détectées au sol ou en exploitation», qui «ne constituent pas des événements ayant compromis la sécurité des vols».

Les Q400 davantage concernés

Ces différents incidents techniques concerneraient davantage les avions turbopropulseurs Q400, utilisés principalement sur les lignes régionales. D’après les données communiquées par la Direction de l’aviation civile (DAC), 65 % des problèmes techniques rapportés concernent ces appareils, contre 35 % pour la flotte Boeing.

Cette situation s’explique notamment par l’utilisation plus intensive des Q400. Ces avions effectuent davantage de rotations quotidiennes, ce qui signifie un nombre plus élevé de cycles décollage–atterrissage. Or «le nombre de cycles constitue un facteur déterminant en matière d’usure technique et de maintenance», rappelle la réponse ministérielle.

A noter toutefois : lorsque l’on prend en compte l’ensemble des incidents, y compris ceux qui ne sont pas techniques (turbulences, atterrissages durs ou problèmes de communication radio), la répartition est en réalité équilibrée entre les Q400 et la flotte Boeing, avec 50 % des occurrences pour chaque groupe.

Pas de problème de sécurité

La Direction de l’aviation civile a analysé l’évolution des incidents sur quatre ans, entre 2022 et 2025. Conclusion : «l’analyse des incidents ne permet pas de conclure qu’il y aurait un problème de sécurité».

Les autorités précisent qu’aucune concentration anormale n’a été détectée dans un système technique particulier. Autrement dit, aucun composant précis (moteur, avionique, hydraulique ou commandes de vol) ne présente de récurrence inhabituelle. «Cette dispersion confirme l’absence de tendance technique préoccupante», souligne la réponse parlementaire.

Par ailleurs, les indicateurs les plus sensibles en matière de sécurité restent stables. «Aucune augmentation des retours en vol, des déroutements ou des atterrissages de précaution pour cause technique n’a été constatée» sur la période étudiée.

Une flotte en cours de renouvellement

La flotte de Luxair affiche aujourd’hui un âge moyen d’environ 12,8 ans, précise Yuriko Backes. Les Boeing 737-700 sont les appareils les plus anciens, avec une moyenne proche de 19 ans, tandis que l’arrivée d’avions plus récents (comme les Boeing 737-8 et les Embraer E2) contribue progressivement au rajeunissement de la flotte.

La disponibilité opérationnelle des avions reste élevée. Les indicateurs de fiabilité («dispatch reliability») se situent au-delà de 98 %, avec des taux proches de 98,5 à 99 % selon les types d’appareils, des niveaux considérés comme élevés dans l’aviation commerciale européenne.

Pour moderniser ses équipements et réduire l’exposition aux perturbations liées au vieillissement des avions, la compagnie a engagé un investissement de plus d’un milliard d’euros dans le renouvellement de sa flotte, notamment avec l’introduction des nouveaux Embraer E2.

Une supervision jugée suffisante

Du côté des autorités, aucun renforcement spécifique de la surveillance n’est envisagé. Les audits réalisés par la Direction de l’aviation civile et les contrôles internes n’ont «pas permis d’identifier de cause systémique technique ni organisationnelle».

Dans ce contexte, le gouvernement estime que le cadre réglementaire européen et la supervision continue exercée par les autorités luxembourgeoises sont suffisants. Les indicateurs disponibles confirment que «le niveau de sécurité demeure conforme aux standards européens et internationaux applicables».

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