Le ministre des Affaires intérieures a rappelé le dispositif prévu par les pompiers pour lutter contre les feux de végétation, notamment sur des terrains accidentés et difficilement accessibles comme l’Oesling.
Les incendies de grande ampleur qui ont ravagé des milliers d’hectares de forêts ainsi que des centaines d’habitations dans le sud-ouest de la France ont révélé que les feux de végétation peuvent prendre des proportions catastrophiques. Jusqu’à présent, le Grand-Duché a été relativement épargné par ces sinistres mais le risque ne peut être exclu au vu du changement climatique.
Cette situation inquiète les députés libéraux André Bauler et Luc Emering qui ont souhaité demander au ministre des Affaires intérieures quels étaient les moyens spécifiques mis en place pour combattre les incendies de grande ampleur.
«Le CGDIS a élaboré un référentiel opérationnel concernant les feux de végétation. Ce document se base sur l’analyse des risques élaborée dans le cadre du plan national d’organisation des secours et fixe les règles, les principes et les modalités d’exécution des missions de lutte contre les feux de végétation, leur a répondu Léon Gloden. Ce document constitue ainsi la doctrine d’intervention et vise à garantir que l’ensemble des pompiers agissent de manière standardisée, efficace et sécurisée, quel que soit le lieu de l’intervention ou la situation qui se présente.»
Des mesures particulières dans l’Oesling
Les députés ont également voulu savoir si des moyens spécifiques ont été mis en place pour combattre ces incendies dans des terrains accidentés et difficilement accessibles, comme dans les contrées de l’Oesling. «Pour faire face aux incendies de grande envergure dans les zones au relief fortement modelé, le CGDIS a développé une approche opérationnelle combinant l’analyse stratégique, la reconnaissance aérienne et les équipements tactiques adaptés», a continué Léon Gloden. Des outils cartographiques dédiés aux secours ont ainsi été élaborés à cet effet tandis que les pompiers sont dotés d’équipements légers et portables adaptés au travail à pied en terrain accidenté. En cas d’incendie, il est également possible d’utiliser des drones et l’hélicoptère de la police grand-ducale pour effectuer une reconnaissance rapide de la zone et localiser précisément les foyers.
«Avec le Plan national d’organisation des secours 2026-2030, le Conseil de gouvernement définira, début 2027, l’orientation des services de secours pour les cinq prochaines années. Le CGDIS continuera de recevoir les ressources nécessaires pour se préparer à des situations et catastrophes de plus en plus exceptionnelles», a assuré le ministre. Le gouvernement analyse également les possibilités pour l’État d’étendre son assistance au sol et par voie aérienne en cas de feux de végétation et de forêt. Une éventuelle collaboration avec Aquarius Aerial Firefighting, à l’instar de celle avec Luxembourg Air Rescue, pourrait s’inscrire dans le cadre plus large de la Grande Région et de l’Union européenne.
Des forêts à adapter
Mais la lutte contre les incendies passera aussi par l’adaptation des forêts luxembourgeoises aux effets du changement climatique. Le Luxembourg souhaite ainsi convertir progressivement des peuplements forestiers mono-spécifiques en peuplements mélangés, diversifiés et plus résilients. «Le maintien d’un couvert forestier permanent contribue à préserver le microclimat intraforestier, en conservant la fraîcheur et l’humidité et en limitant l’échauffement de la végétation proche du sol», a rappelé Léon Gloden.