La tragédie de Zoufftgen est survenue il y a 20 ans, le 11 octobre 2006. Ce jour-là, six personnes ont perdu la vie et plus de vingt autres ont été blessées.
«Il paraît que chacun d’entre nous se rappelle ce qu’il faisait le 11 septembre 2001, jour des attentats qui ont frappé l’Amérique. Pour ma part, je me souviens exactement des minutes qui ont précédé l’annonce de la catastrophe ferroviaire de Zoufftgen», confie Bernard Aubin, syndicaliste français. À l’occasion des vingt ans du drame survenu en Moselle, l’ancien cheminot revient, dans un témoignage écrit, sur cette tragédie ferroviaire.
Le 11 octobre 2006, en fin de matinée, un train de passagers des CFL assurant la liaison Luxembourg-Nancy s’engage sur la voie unique en direction de Thionville, l’autre voie étant fermée pour travaux. Il heurte alors de plein fouet un train de fret de la SNCF composé de 22 wagons, qui arrivait en sens inverse.
«Alerté par un collègue vers 12 h 15, je me suis rendu sur place et y suis resté jusque dans la soirée, notamment pour assister aux opérations de secours et de désincarcération. Le spectacle de ces deux trains enchevêtrés fut particulièrement marquant et ma première pensée s’adressa bien entendu aux victimes. Pour le cheminot, moi-même acteur sécurité que je fus, cette scène relevait du cauchemar plus que de la réalité», raconte-t-il.
Une erreur humaine d’aiguillage
Le bilan de ce choc frontal est lourd. Six personnes trouvent la mort (dont deux Luxembourgeois et quatre Français, parmi lesquels les deux conducteurs) et vingt-trois personnes sont blessées, dont deux grièvement.
Rapidement, les causes de l’accident sont établies : il s’agit d’une erreur humaine d’aiguillage survenue au poste de commande de Bettembourg. Au total, quatre cheminots des CFL en service ce jour-là ont été poursuivis et condamnés par la justice.